RDC-Rwanda : la paix sur le papier

Le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Joseph Kabila ont signé, ce mardi, l’accord de paix entre leurs deux pays. Ce geste met symboliquement fin à quatre années d’une guerre qui a bouleversé la région des grands lacs et fait deux millions et demi de victimes. Sur le terrain, tout reste à faire.

Le président rwandais, Paul Kagame et son homologue congolais, Joseph Kabila ont finalement signé, ce mardi, à Pretoria (Afrique du Sud), l’accord de paix entre leurs deux pays. Ce dernier prévoit, sous trois mois, le retrait des troupes rwandaises de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que le désarmement des ex-Forces armées rwandaises (Far) et des milices interahamwe (extrémistes hutus) du Rwanda. Sous l’égide de l’Afrique du Sud, des Nations Unies et de l’Union africaine (UA), le document prévoit des réunions mensuelles pour assurer le respect du calendrier de la paix. Cet événement, qui fait entrevoir la fin de quatre années d’une guerre civile sanglante, réjouit ses médiateurs. Les principaux intéressés sont plus sceptiques.

Les fausses notes de l’accord

Le conflit, qui a fait plus de deux millions et demi de victimes, a déstabilisé toute la région des grands lacs. L’Ouganda, le Rwanda et le Burundi ont pris fait et cause pour les rebelles congolais, tandis que l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe appuyaient le gouvernement de Kinshasa. Le président rwandais a donc insisté sur la nécessité de l’arrêt du soutien étranger aux milices interhamwe qui se trouvent dans l’Est de la RDC. Mais le nombre d’hommes à désarmer reste un point litigieux. Alors que Joseph Kabila se félicite d’avoir mis hors d’état de nuire 2 000 rebelles hutus rwandais, pour Paul Kagame, l’accord est suspendu au désarmement de pas moins de 40 000 hommes.

D’autre part, les deux parties sont encore loin d’avoir résolu le problème de la mise en application de l’accord. Les représentant de l’Onu ont fait savoir que des troupes sud-africaines, françaises et belges seraient dépêchées pour soutenir le processus. Mais, même avec le renfort de 1 500 soldats sud-africains promis par Thabo Mbeki, la tâche paraît difficile. Le porte-parole des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr), l’un groupe de rebelles extrémistes hutus, a déjà déclaré dans les colonnes de Voice of America qu’il s’opposait à l’accord de Pretoria. Et il est probable que les forces Interhamwe et les ex-Far refuseront eux-aussi de déposer les armes. Or le mandat de la Monuc, la Mission d’observation des Nations unies en RDC, ne lui permet pas de recourir à la force. Sur ces bases, le président rwandais rechigne à retirer ses troupes. L’échéancier de 90 jours semble bien court pour mettre un point final au processus de paix.

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