RDC : négociations de la dernière chance à Kampala ?

Les négociations à Kampala se poursuivent entre Kinshasa et les rebelles du M23, actuellement malmenés dans l’est du pays par l’armée congolaise, décidée à les traquer jusqu’au dernier. Les autorités congolaises, qui ne ferment pas la porte au dialogue avec leurs ennemis, ont annoncé ce samedi le retour du ministre des Affaires étrangères dans la capitale ougandaise. Est-ce l’ultime occasion pour les deux parties de trouver un compromis ?

Les évènements se succèdent à grande vitesse dans l’est de la République démocratique du Congo, où l’armée congolaise, en position de force, poursuit son offensive contre les rebelles du M23. Ces derniers très affaiblis, à bout de souffle, tentent à Kampala où les négociations se poursuivent avec Kinshasa, de trouver un compromis qui puisse limiter les dégâts.

La rébellion, qui avait longtemps joué au chat et à la souris avec les forces armées congolaises, est consciente que cette fois-ci elle ne pourra pas se défiler aussi aisément qu’auparavant. Ses principaux bastions sont déjà tombés aux mains des soldats congolais, appuyés par les Casques bleus de l’ONU. Ces derniers pensent pouvoir venir à bout des derniers irréductibles de la milice, retranchés dans les collines reculées du Kivu. En clair, pour l’armée congolaise, les heures du M23 sont comptées.

Toutefois, Kinshasa n’a pas encore fermé la porte des négociations avec ses ennemis. Les autorités congolaises ont même annoncé le retour ce samedi du ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, dans la capitale ougandaise pour poursuivre les pourparlers avec les principaux responsables de la rébellion qui s’y sont réfugiés.

« Les rebelles du M23 pourraient se reconstituer »

En revanche, pour les autorités congolaises qui subissent une forte pression de la communauté internationale qui prône le dialogue au profit des armes, il n’est pas question que l’armée interrompe son offensive, alors qu’elle est en position de force. « Nos soldats ne s’arrêteront pas en si bon chemin », confie à Afrik.com cet ancien proche du Président congolais, Joseph Kabila. « La RDC subit une agression, il faut la combattre. Même si nous poursuivons les négociations, les combats doivent continuer. Aucun pays n’accepterait d’être envahi sans bouger », explique-t-il.

En tous cas, à Kampala, estime cet observateur congolais, « les rebelles du M23 devront entendre ce que Kinshasa leur propose. Ils n’ont tout simplement plus le choix. Maintenant qu’ils savent que la rébellion est en phase d’être anéantie, ils vont tenter de sauver ce qui peut encore l’être, pour préserver leurs intérêts ». Selon lui, « si leurs principaux responsables se sont réfugiés à Kampala auprès du Président ougandais Musevini, c’est uniquement pour leur propre survie ».

Bien que le M23 soit à l’agonie, « on ne doit pas crier victoire trop vite», affirme pour sa part cet ancien proche du défunt Président Laurent Désiré Kabila. « Les rebelles pourraient se reconstituer et reformer un autre groupe. N’oublions pas qu’avant le M23, il y avait le CNDP, explique-t-il à Afrik.com. Ils ont largement les moyens de revenir sous un autre nom. Le M23 n’est qu’un élément du conflit dans l’est du pays. C’est aux racines même de cette crise, qui remonte à la colonisation des Belges, qu’il faut s’attaquer pour en finir une bonne fois pour toute ».