RDC : les forces de l’ordre empêchent « la marche des chrétiens »

« La marche des chrétiens » n’a pas pu avoir lieu ce jeudi à Kinshasa. Les forces de l’ordre, déployées dans la capitale congolaise, ont empêché les manifestants de se rassembler en usant notamment de gaz lacrymogène. Cinq religieux et deux laïcs auraient été arrêtés. La manifestation avait été interdite la veille par le gouverneur de la ville-province de Kinshasa.

Les policiers ont rendu impossible « la marche des chrétiens » prévue ce jeudi en utilisant notamment du gaz lacrymogène contre les manifestants. L’archidiocèse de Kinshasa et le Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC) avaient appelé à une marche en la mémoire des dizaines de chrétiens qui avaient été assassinés le 16 février 1992 alors qu’ils réclamaient la réouverture de la conférence nationale. Pour les organisateurs, cette marche aurait été également l’occasion de protester contre les résultats de la présidentielle et des législatives du 28 novembre 2011 et réclamer la démission du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Les catholiques ont bravé l’interdiction de manifester

La manifestation a été interdite la veille par le gouverneur
de la ville-province de Kinshasa, André Kimbuta Yango, selon Radio Okapi. De nombreux manifestants ont néanmoins bravé l’interdit en quittant leurs paroisses respectives après la messe de 6h. Radio Okapi rapporte qu’un impressionnant dispositif policier a été déployé dans plusieurs endroits de la capitale congolaise et que les manifestants ont été dispersés par la police avec du gaz lacrymogène. Notamment à la paroisse Saint-Joseph de Kalamu, point de départ de la manifestation. Les manifestants, qui ont pu rallier l’église, ont été bloqués à l’intérieur par les policiers. Radio Okapi indique qu’ils n’ont été libérés que grâce à l’intervention de la Mission des Nations unies en République Démocratique du Congo (Monusco). «Ils ont réprimé terriblement : ils ont lancé du gaz lacrymogène partout dans l’enclos, jusque dans la chambre des prêtres », a confié par téléphone à l’AFP l’abbé Pierre Bonsangia de l’intérieur de l’église Saint-Joseph de Kalamu. Trois prêtres, deux religieuses et deux fidèles auraient été arrêtés selon l’homme d’église.

La marche des chrétiens coïncidait avec la rentrée parlementaire et les obsèques d’un des plus proches conseillers du président Kabila, Augustin Katumba Mwanke.