RDC : le procès de l’ex-chef de guerre Bosco Ntaganda débute le 7 juillet

Le procès de Bosco Ntaganda, ancien chef de guerre, « accusé de crimes ethniques » dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) par la Cour pénale internationale, débute le 7 juillet à la Haye.

L’heure de rendre des comptes a sonné pour Bosco Ntaganda. Le procès de l’ancien chef de guerre, accusé lundi de « crimes ethniques » dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), s’ouvre le 7 juillet, à la Haye, aux Pays-Bas, siège de la juridiction internationale.

Agé désormais de 41 ans, il doit répondre de 18 chefs de crimes contre l’humanité. Il lui est reproché d’avoir joué un rôle central dans les crimes ethniques commis en Ituri, en 2002 et 2003. Il doit répondre de 18 chefs de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dont il était le chef militaire. Sans compter que Bosco Ntaganda est notamment accusé d’avoir lui-même violé et réduit en esclavage sexuel des jeunes filles de moins de 15 ans.

Un des chefs de guerre les plus féroces

Lundi dernier, la procureur de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, a assuré que Bosco Ntaganda et sa milice, l’UPC/FPLC, avaient persécuté des civils « sur des bases ethniques. Les crimes n’étaient pas commis au hasard et n’étaient pas spontanés. Ils visaient délibérément la population non-Hema de l’Ituri, à l’est de la RDC », a ajouté Fatou Bensouda lors d’une audience de confirmation des charges devant la CPI, en présence du suspect écroué depuis 2013. La milice de Bosco Ntaganda aurait commis ses exactions pour le contrôle de cette région riche en ressources naturelles, notamment en or.

Surnommé le « Terminator » des Grands lacs, Bosco Ntaganda est considéré comme l’un des ex-chefs de guerre les plus féroces et les plus recherchés des Grands-Lacs. Il s’était toutefois, contre toute attente, livré de son plein gré à la CPI. Contre toute attente, il s’était réfugié à l’ambassade des Etats-unis, suite à une scission au sein de la rébellion, le Mouvement du 23-Mars (M23).

La terreur au quotidien, dans l’est de la RDC

Depuis une vingtaine d’années, les populations de l’est de la RDC vivent dans la tourmente. En proie à de nombreux groupes armés dirigés par des seigneurs de guerre, comme le fut Bosco Ntaganda, elles subissent régulièrement des massacres, des viols, des tortures… La région qui comporte d’énormes richesses attire la convoitise de ces groupes armés qui y sèment la terreur en toute impunité et dans le silence le plus complet de la communauté internationale. Sans compter que de nombreuses multinationales y sont présentes pour tirer profit des richesses naturelles de cette région. Les pays voisins de la RDC, tels que l’Ouganda et le Rwanda, convoitent aussi ces richesses naturelles de la région. Le Rwanda a d’ailleurs été accusé à de nombreuses reprises par l’ONU d’être le principal pourvoyeur de fonds et de munitions à la rébellion du M23, qui était très active dans la région. Elle est aussi pointée du doigt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Bien que l’armée congolaise ait infligé une lourde défaite au M23, fin 2013, la société civile de l’est de la RDC et de nombreux observateurs de la région affirment que le groupe n’a en réalité pas été vaincu. Il a toujours une capacité de nuisance dans la région, car la plupart de ses éléments, qui s’étaient réfugiés en Ouganda, n’ont pas été démobilisés. Sans compter qu’une partie du groupe a refusé de déposer les armes et s’est volatilisé dans la nature. Affaibli ou pas, dans tous les cas, le M23, qui officiellement n’existe plus, n’a pas dit son dernier mot.