RDC : le gouvernement annonce la fin de l’épidémie de Mpox après plus de trois ans de lutte


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Mpox virus
Mpox virus

La RDC a officiellement déclaré la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence de santé publique nationale. L’annonce a été faite ce jeudi 2 avril 2026 à Kinshasa par le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba, lors d’une cérémonie officielle marquant une étape importante dans la lutte contre cette maladie virale, qui a fortement touché le pays depuis fin 2022.

La déclaration du ministre congolais de la Santé est intervenue dans un contexte favorable, marqué notamment par la levée de l’état d’urgence sanitaire au niveau continental par le CDC Afrique et par la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de retirer au Mpox son statut d’urgence de santé publique de portée internationale.

Une épidémie sous contrôle, mais pas totalement éradiquée

Si les autorités congolaises se félicitent de cette évolution positive, elles restent prudentes. Le ministre de la Santé a tenu à préciser que la fin de l’épidémie ne signifie pas la disparition totale du virus. « Nous n’avons pas encore éradiqué le virus, mais l’épidémie est terminée. Nous enregistrions environ 2 400 cas par semaine au début de l’année 2025, contre 170 cas aujourd’hui. Cela témoigne du chemin parcouru », a déclaré Roger Samuel Kamba.

Selon lui, cette baisse significative des cas est le résultat d’une stratégie coordonnée reposant sur une mobilisation nationale et internationale. Le ministre a notamment évoqué une réponse structurée autour d’un « plan unique, un budget unique, une coordination unique et une réponse unique ». Cette approche, jugée plus efficace que les réponses fragmentées observées lors de crises sanitaires précédentes, a permis de réduire progressivement la propagation du virus sur l’ensemble du territoire congolais.

Une épidémie qui a durement frappé la RDC

Depuis la fin de l’année 2022, la RDC faisait face à une augmentation préoccupante des cas de Mpox, une maladie virale causée par le virus de la variole du singe appartenant au genre Orthopoxvirus. La situation s’est aggravée au fil des mois, conduisant l’Organisation mondiale de la santé à déclarer en 2024 le Mpox comme une urgence de santé publique de portée internationale.

Au total, plus de 124 000 cas ont été recensés à travers le pays, faisant de la RDC l’un des principaux foyers mondiaux de la maladie. Les enfants ont été particulièrement touchés, notamment dans les zones rurales et les régions affectées par des crises humanitaires et sécuritaires. Le manque de vaccins au début de l’épidémie, combiné à la fragilité du système sanitaire dans certaines provinces, a compliqué les efforts de riposte. Les difficultés logistiques, l’accès limité aux soins et l’insécurité persistante dans certaines zones de l’est du pays ont également ralenti la réponse sanitaire.

Une vaccination massive et un système de santé renforcé

Face à l’ampleur de la crise, les autorités congolaises, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, ont lancé une vaste campagne de vaccination. À ce jour, plus de 1 557 268 personnes ont été vaccinées, avec une couverture LC16 estimée à 46 %. Parallèlement, la réponse à l’épidémie a permis de renforcer considérablement les capacités du système de santé congolais. Le ministre de la Santé a souligné que le pays dispose désormais d’environ soixante laboratoires opérationnels, contre seulement deux au début de l’épidémie. « Sur le plan des ressources humaines, nous sortons de cette épidémie avec un système de santé renforcé », a affirmé Roger Samuel Kamba, mettant en avant l’importance de la coordination entre le gouvernement et les partenaires techniques.

Le gouvernement congolais a également mis en avant l’efficacité financière de la gestion de cette crise sanitaire. Selon Roger Samuel Kamba, la riposte contre le Mpox a coûté environ 90 millions de dollars, malgré un total de 124 000 cas recensés. À titre de comparaison, l’épidémie d’Ebola, qui avait enregistré environ 3 000 cas, avait nécessité un budget estimé à 1,2 milliard de dollars. Cette différence, selon les autorités, illustre les progrès réalisés en matière de gestion des crises sanitaires. Le pic de l’épidémie avait été atteint en 2025, avec plus de 2 400 cas signalés chaque semaine. Grâce aux mesures mises en place, la situation a progressivement été maîtrisée jusqu’à atteindre les niveaux actuels, jugés non épidémiques.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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