RDC : le camp de Mugunga se dresse contre les viols subis par les femmes

Les femmes du camp des réfugiés de l’Est de la République démocratique du Congo sont des proies faciles pour les violeurs qui sévissent dans la région. Pour lutter contre la violence faites aux femmes, le camp de Mugunga III, lance une patrouille contre le pire et invite les femmes à rester groupées dans le camp.

Elles sont parmi les premières victimes des agressions qui sévissent dans la région de l’Est de la République démocratique du Congo. Les femmes des camps de déplacés risquent à tout moment l’agression. Pour lutter contre ces agissements, le camp de Mugunga III, parade en permanence dans le camp en évitant aux femmes d’avoir à quitter les lieux. « Les violences ont lieu le plus souvent quand les femmes quittent le camp, par exemple pour chercher du bois de chauffe », indique Céline Schmitt, porte-parole du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en RDC.
« A Mugunga III, les centres de santé ont enregistré 664 cas de violences sexuelles de janvier à juillet 2013 », rajoute-t-elle. Ce camp qui se base à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, Mugunga III, accueille 14 000 réfugiés de guerre sur 24 hectares.

Des conditions inhumaines

Dans ce camps de fortune où les déplacés s’entassent à même le sol, certaines femmes ont témoigné avoir été agressées plusieurs fois. Les conditions imposées par la nature –le sol ayant été transformé par les blocs de lave du volcan Nyirangongo – et les caractères inhumains de certaines personnes, rendent la vie très précaire. « Les femmes sont vraiment obligées de se déplacer pour aller chercher de quoi manger. Elles ne peuvent pas rester là, pleurer et attendre » les organisations non gouvernementales, qui assurent une fois par mois la distribution de nourriture, fait rappeler Sabine Mubi, de l’association « Hope in Action », qui suit le quotidien des victimes.
Les ONG et les réfugiés eux-mêmes cherchent des solutions, « mais c’est difficile de sensibiliser quelqu’un qui a besoin de bois, qui est affamé (…) Nous tentons de montrer qu’il ne faut pas aller trop loin, même si c’est pour ramener un petite quantité », souligne Evariste Kabunga, président du comité des déplacés du camp.

Répondre aux besoins des déplacés

La solution sine qua non pour prévenir et faire barrage aux abus sexuels commis par des membres « des forces négatives (des groupes armés, ndlr) ou des militaires » de l’armée nationale, selon M. Kabunga, c’est de construire et fabriquer des briquettes combustibles. Les ONG et les membres du camp ont donc lancé un projet « pour fournir du bois de chauffage et alimenter des poêles performants », d’après des sources de la Monusco. Pour cela, « il faudrait qu’on puisse avoir de l’argent pour agrandir l’usine de fabrications de briquettes », plaide Jeanne, activiste dans le camp.

En attendant la fabrication matérielle, les habitants du camp se constituent en groupe et paradent le long des lieux d’habitation pour empêcher toute intrusion étrangère qui pourrait porter atteinte à la vie des habitants.