RDC : Le bras de fer Kabila-Tshisekedi continue

C’est dans sa résidence qu’Etienne Tshisekedi a prêté serment ce vendredi après avoir été empêché par les autorités de se rendre ce matin au stade des martyrs à Kinshasa, où il avait prévu la cérémonie en présence de ses partisans. Alors que son rival Joseph Kabila a été investi mardi, le leader de l’Union pour la démocratie et le Progrès social (UPDS) estime qu’il est le véritable chef d’Etat de la République démocratique du Congo (RDC).

L’imbroglio politique se poursuit en République démocratique du Congo (RDC). Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la victoire de Joseph Kabila et s’est autoproclamé président, a prêté serment ce vendredi, dans sa résidence de Limete, à Kinshasa. Il avait prévu de le faire en public dans le stade des martyrs, en présence de ses partisans, mais la police l’a empêché de sortir de chez lui. Toutes les issues pour accéder à la demeure de l’opposant historique et du stade des Martyrs ont été verrouillées par les forces de l’ordre.

Ses partisans se sont réunis ce matin en grand nombre près de sa résidence, et du stade des Martyrs, mais ont été très rapidement dispersés par les forces de l’ordre. Plusieurs personnes ont été interpellées. Les autorités ont interdit toute manifestation de l’opposition à Kinshasa. « Il n’y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c’est un acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution », a déclaré à l’AFP une source proche du chef de la police congolaise.

« Tout le peuple congolais a voté pour Tshisekedi »

« Tout le peuple congolais a voté pour Tshisekedi. Pourquoi ils veulent tuer le peuple congolais ? Qu’on laisse notre président sortir pour qu’on aille avec lui au stade », a déclaré l’un des partisans du chef de l’UPDS près de son domicile. « Le Congo n’a pas voté pour Kabila. Ils nous maltraitent comme si on était des étrangers. Le président légitime c’est Etienne Tshisekedi, c’est pour lui que nous avons voté, c’est lui qui va diriger le pays. Nous avons entendu la voix de notre président et nous voulons entrer dans le stade. Il ne peut pas y avoir deux présidents au Congo », a expliqué un autre homme d’une trentaine d’années.

Etienne Tshisekedi n’a cessé de dénoncer des fraudes depuis le début du scrutin à un tour. Il a estimé que « les résultats publiés par la Commission nationale indépendante ne représentent pas la réalité des urnes ». Les observateurs internationaux, tels que le Centre Carter ont également relevé de nombreuses irrégularités. A 79 ans, il reste un adversaire redoutable du président Kabila. Il a montré mainte fois sa détermination à accéder à la magistrature suprême. Et son intention de ne pas capituler malgré les critiques du pouvoir à son encontre.

«Nous avonc gagné!»

Contacté par Afrik.com, son conseiller Olivier Baudry de Vaux, a affirmé que la prestation de serment du leader de l’UPDS « a été un moment très fort pour lui, même s’il a été contraint de la faire à huit clos ». Selon lui, « Etienne Tshisekedi est prêt à refaire sa prestation de serment devant tout le peuple congolais lorsque les conditions démocratiques seront réunies en RDC ». « Nous avons gagné ! », clame le conseiller. Le cabinet d’avocats Roland Marmillot, au barreau d’Avignon, rassemble actuellement tous les éléments démontrant qu’il y a eu des fraudes lors de l’élection du 28 novembre ainsi que des violations des droits de l’homme. « Nous soumettrons ensuite le dossier à toutes les instances juridiques internationales », a assuré Olivier Baudry de Vaux.

Face à cette situation politique inédite, la RDC pourrait bien devenir le théâtre de nouveaux affrontements sanglants entre les deux parties.