RDC : l’armée et la Monusco épinglées pour avoir laissé faire un massacre

Les forces congolaises et les forces de maintien de la paix de l’ONU (Monusco) ne sont pas intervenues pour arrêter un massacre, le 6 juin, dans la province du Sud Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). L’attaque a fait au moins 30 morts, selon l’ONG.

Selon Human Rights Watch, les assaillants ont ouvert le feu sur près de 200 personnes qui étaient réunies à l’extérieur d’une église entre 20 heures et 21 heures. Alors que les personnes couraient pour tenter de se protéger, certaines ont été frappées par des tirs ou des éclats de grenade. Les assaillants ont alors fait irruption dans le lieu de culte, et ont commencé à tirer sur la foule. Ils ont également pris pour cible un centre de santé et plusieurs maisons, abattu des personnes à bout portant, puis les ont brûlées. Parmi les victimes figuraient des hommes, des femmes et au moins huit enfants – dont un garçon de quatre ans handicapé physique et mental qui est décédé des brûlures subies. La plupart des personnes tuées étaient des Bafuliros.

HRW accuse l’armée congolaise et la MONUSCO

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a dénoncé l’inaction des forces armées congolaises et celle de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Congo, la MONUSCO, lors d’un massacre qui a fait 30 morts, dans la province du Sud Kivu, dans le village de Mutarule.

D’après Human Rights Watch, un officier supérieur de l’armée congolaise en poste à proximité, qui avait été averti à plusieurs reprises et informé de l’attaque menée par des assaillants armés dans le village de Mutarule, n’a pas agi pour arrêter le massacre. Les membres de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Congo, la MONUSCO, basée à 9 kilomètres de là, étaient également au courant de l’attaque, mais ne sont pas intervenus et ne se sont rendus à Mutarule que deux jours après le massacre.

Massacre dans un contexte de vives tensions

« L’armée congolaise et les forces de maintien de la paix de l’ONU ont laissé les civils de Mutarule se faire massacrer, bien qu’ils aient reçu des appels à l’aide désespérés dès le début de l’attaque », a déclaré Anneke Van Woudenberg, directrice de plaidoyer au sein de la divison Afrique à Human Rights Watch. « L’armée et la MONUSCO doivent déterminer quels ont été les dysfonctionnements et s’assurer que de telles atrocités ne se reproduisent pas, alors qu’elle sont censées veiller à la sécurité de la population. »

Les autorités militaires congolaises ont ouvert une enquête sur l’attaque et ont arrêté deux officiers de l’armée ainsi qu’un civil, mais elles ne les ont pas encore mis en accusation. Aucun des assaillants n’a été arrêté.

Le massacre a eu lieu dans un contexte de tensions croissantes entre les groupes ethniques bafuliro, barundi et banyamulenge. Au cours d’une mission de recherche menée par Human Rights Watch, pendant une semaine à Mutarule et dans ses environs à la mi-juin, des victimes et des témoins ont décrit comment un groupe d’assaillants armés, dont certains portaient des uniformes militaires et parlaient kirundi et kinyamulenge – les langues des Barundis et des Banyamulenges – ont attaqué les participants à un service religieux qui se déroulait en plein air dans la partie bafuliro de Mutarule.