RDC : Kabila-Bemba, duel pour le sommet

Un second tour départagera le chef de l’Etat sortant Joseph Kabila et un de ses quatre Vice-présidents Jean-Pierre Bemba pour l’accès à la magistrature suprême. Le premier a glané 44,81% des voix, contre 20,03 pour son principal challenger. Des incidents ont précédé et suivi l’annonce des résultats provisoires dans le centre de Kinshasa, faisant cinq morts et une dizaine de blessés.

Joseph Kabila s’est imposé, mais pas suffisamment. Le chef de l’Etat sortant de la République démocratique du Congo (RDC) a remporté 44,81% des voix lors de l’élection présidentielle du 30 juillet. Même si le leader du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a écrasé la plupart de ses 31 challengers, il devra passer l’épreuve du second tour car il n’a pas obtenu la majorité absolue. Face à lui, l’ex-rebelle et Vice-président Jean-Pierre Bemba (Mouvement de libération du Congo, MLC), qui a recueilli 20,03% des suffrages. Un duel des titans se déroulera donc entre les deux hommes, qui s’étaient affrontés sur le terrain lors de la guerre qui a miné le pays entre 1998 et 2003. Le second scrutin est prévu, selon la Commission électorale indépendante (CEI), le 29 octobre prochain. A noter toutefois que ces deux mois de battement tranchent avec les deux semaines stipulées dans les prescrits électoraux de la Constitution.

Les résultats, annoncés dimanche à la télévision nationale par le révérend Apollinaire Malu-Malu, le président de la CEI, doivent être validés par la cour suprême de justice. C’est en effet cette instance qui est chargée des contentieux électoraux. Selon le règlement, les candidats, dont certains ont dénoncé des fraudes et des irrégularités, ont trois jours à compter de ce lundi pour déposer un recours. La cour devra alors se prononcer dans la semaine qui suit le dépôt du dossier.

Mesures de prévention avant l’annonce des résultats

Les résultats provisoires du premier scrutin libre et pluraliste depuis l’indépendance, en 1960, indiquent que 70,54% des 25 millions de Congolais inscrits sur les listes électorales se sont rendus aux urnes. L’engouement a été au rendez-vous, tout comme les tensions précédant les résultats. La Haute autorité des media a suspendu pour 24 heures, le jeudi 17 août à partir de 5 heures du matin, trois chaînes de télévision, dont une de Jean-Pierre Bemba et une sympathisante du Président sortant. L’instance leur reprochait de s’être « délibérément inscrites dans une logique suseptible d’inciter les forces de l’ordre et la population à la violence et aux troubles de nature à annihiler les efforts consentis (…) pour la sauvegarde de la paix et la cohésion nationales ».

La Force européenne (Eufor), qui compte un millier de soldats en RDC et autant de réserve au Gabon, avait pour sa part averti, jeudi lors d’une conférence de presse, que « tous ceux qui tenteraient de s’opposer aux résultats des scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet par la force trouveront l’Eufor sur leur chemin ». Tout en précisant que « l’Eufor n’a pas pour mission d’intimider ou de mâter les manifestants ».

Cinq morts, une dizaine de blessés

Autant de mesures préventives qui n’ont pas permis d’éviter des échanges de tirs nourris dans le centre de Kinshasa entre semble-t-il, les camps de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba. Les affrontements, aux abords du siège du MLC, ont précédé et suivi l’annonce des résultats provisoires. Alors que les deux partis se renvoient la faute, un bilan provisoire obtenu par l’AFP en recoupant notamment des sources policières, militaires et onusiennes fait état de cinq morts et d’une dizaine de blessés.

Des blindés légers de la Mission des Nations Unies en RDC (Monuc) et de l’armée congolaise s’étaient déployés par sécurité, de même que l’Angola qui a massé ses troupes à sa frontière avec la RDC. Selon un analyste, le bilan, qui pourrait s’alourdir, aurait pu être encore plus important si Joseph Kabila avait franchi la barre des 50%. Ce lundi matin, le calme semblait revenu dans la capitale.

Résultats provisoires nationaux du premier tour de la présidentielle :

Kasonga BANYINGELA : 82.045 (0,48%)

Jean-Pierre BEMBA GOMBO : 3.392.592 (20,03) (second tour)

Alou BONIOMA KALOKOLA 63.692 (0,38%)

Eugène DIOMI NDONGALA : 85.897 (0,51%)

Antoine GIZENGA : 2.211.290 (13,06%)

Emmanuel-Bernard KABATU SUILA : 86.143 (0,51%)

Joseph KABILA KABANGE : 7.590.485 (44,81%) (second tour)

Gérard KAMANDA WA _ KAMANDA : 52.084 (0,31%)

Oscar KASHALA LUKUMUENDA : 585.410 (3,46%)

Norbert LIKULIA BOLONGO : 77.851 (0,46%)

Roger LUMBALA : 75.644 (0,45%)

Guy-Patrice LUMUMBA : 71.699 (0,42%)

Vincent de Paul LUNDA BULULU : 237.257 (1,40%)

Pierre-Anatole MATUSILA : 99.408 (0,59%)

Christophe MBOSO NKODIA PWANGA : 78.983 (0,47%)

Antipas MBUSA NYAMWISI : 96.503 (0,57%)

Raphaël MBUYI KALALA : 44.030 (0,26%)

Nzanga Joseph-François MOBUTU : 808.397 (4,77%)

Florentin MOKONDA BONZA : 49.292 (0,29%)

Timothée MOLEKA NZULAMA : 17.753(0,10%)

Justine MPOYO KASA-VUBU : 75.065(0,44%)

Jonas MUKAMBA KADIATA NZEMBA : 39.973 (0,24%)

Paul-Joseph MUKUNGUBILA MUTOMBO : 59.228 (0,35%)

Osée MUYIMA NDJOKO : 25.198 (0,15%)

Arthur ZAHIDI NGOMA : 57.277 (0,34%)

Jacob NIEMBA SOUGA : 40.188 (0,24%)

Wivine NLANDU KAVIDI : 54.482 (0,32%)

Marie-Thérèse NLANDU MPOLO NENE : 35.587 (0,21%)

Catherine Marthe NZUZI WA MBOMBO : 65.188 (0,38%)

Joseph OLENGHANKOY MUKUNDJI : 102.186 (0,6%)

Pierre PAY PAY WA SYAKASSIGHE : 267.749 (1,58%)

Azarias RUBERWA MANYMWA : 285.641 (1,69%)

Hassan THASSINDA UBA THASSINDA : 23.327 (0,14%)

Source CEI