RDC : Jean-Pierre Bemba prêt à participer au « dialogue » de Joseph Kabila ?

Après avoir vainement tenté de faire participer au « dialogue nationale » l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, Joseph Kabila aurait approché Jean-Pierre Bemba afin de le convaincre d’y prendre part à son tour. Un émissaire du Président congolais, l’Ambassadeur Théodore Mugalu, se serait rendu à cette fin, ces derniers jours, à la CPI à La Haye aux Pays-Bas.

Joseph Kabila tient plus que tout à organiser « son » dialogue national. Et il ne lésine pas, pour ce faire, sur les moyens. Après avoir vainement tenté de convaincre « le Sphinx », Etienne Tshisekedi, et son parti, l’UDPS, d’y participer, le chef de l’Etat congolais essaierait d’obtenir, cette fois-ci, la participation de Jean-Pierre Bemba, le leader du MLC, actuellement en instance de jugement devant la CPI.

Son émissaire, l’Ambassadeur Théodore Mugalu, Directeur de la Maison civile du chef de l’Etat congolais, par ailleurs pasteur de l’évangile selon William Marrion Branham, qui séjourne à l’hôtel Golden Tulip, à proximité de l’aéroport de Bruxelles, a d’ores et déjà rencontré, à deux reprises, Jean-Pierre Bemba, nous confie une source bien au fait de ces tractations. Une première rencontre aurait eu lieu vendredi dernier. La seconde se serait déroulée ce lundi 6 mai 2016.

L’objectif ? Un possible « deal » entre le Président Kabila et Jean-Pierre Bemba. En contrepartie de la participation du MLC au dialogue national souhaité par le premier, le second obtiendrait les trois garanties suivantes :

 se refaire une santé financière (après plusieurs années d’emprisonnement, les affaires de Jean-Pierre Bemba sont mal en point) ;

 des ministères clés dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale à constituer à l’issue du dialogue ;

 des pressions diplomatiques de la part de la RDC pour (tenter) de faire réduire la peine de prison infligée par la CPI à Bemba, qui est actuellement en attente d’un jugement définitif (ladite peine, espère-t-il, correspondrait à celle qu’il a déjà purgée à titre préventif). Bien qu’hypothétique (il est en effet difficile de faire pression sur la Cour Pénale Internationale, y compris pour un Etat…), cette « condition » aurait pourtant bien été introduite par l’intéressé.

Afin de s’aménager le maximum de chances de voir la discussion aboutir, Jean-Pierre Bemba aurait demandé a Ève Bazaiba, qui dirige le MLC en son absence, de ne pas se rendre à la rencontre de Bruxelles devant réunir, cette semaine, un large spectre de l’opposition rd-congolaise.