RDC : Bemba exclu de l’élection présidentielle

Jean-Pierre Bemba, ancien chef de guerre et ancien vice-président de la RD Congo, a été exclu de l’élection présidentielle de décembre prochain en République Démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle appuie sa décision en arguant que Jean-Pierre Bemba ne peut pas se présenter à cause d’une affaire de corruption en instance devant la CPI.

L’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, un des leader de l’opposition qui fait partie des favoris pour la prochaine élection présidentielle prévue en décembre 2018 était  revenu en RD Congo après plus d’une décennie passée en détention à La Haye. Bemba est devenu un concurrent surprise après que les juges d’appel de la CPI l’ont acquitté le 8 juin dernier de l’accusation de crimes de guerre commis par son Mouvement pour la libération du Congo dans la République centrafricaine voisine.

Jean-Pierre Bemba, 55 ans, ancien vice-président de la République, président national de Mouvement de libération du Congo (MLC), avait été arrêté fin mai 2008 à Bruxelles, sur la base d’un mandat du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo qui  l’accusait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour des atrocités commises par ses troupes en Centrafrique en 2002 et 2003.

Condamné en 2016 à 18 ans de prison à la Haye, Jean-Pierre Bemba vient d’être acquitté, les juges invoquant le « dépassement des charges confirmées, et erreur dans l’appréciation des mesures nécessaires et raisonnables que devait prendre Bemba pour stopper les exactions du MLC dont il est le chef« . Lire l’article CPI : L’acquittement de Bemba est-il légitime ?

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) a soutenu lundi soir la décision de la commission électorale selon laquelle Bemba ne peut pas se présenter en raison de son affaire en instance devant la Cour pénale internationale. La commission électorale a précisé que dans son affaire devant la CPI il avait été reconnu coupable d’interférence avec des témoins, le qualifiant de synonyme de corruption, or la loi congolaise empêche les personnes reconnues coupables de corruption de se présenter à la présidence. Bemba attend une audience de la CPI le 17 septembre prochain pour avoir corrompu des témoins au cours de son procès pour crimes de guerre.

Outre Bemba, le plus haut tribunal de RDC a également exclu l’ancien Premier ministre de Kabila, Adolphe Muzito, de se présenter aux élections.

Dans un sondage d’opinion réalisé par le groupe de recherche congolais de l’université de New York, Bemba s’est classé troisième derrière Felix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social et Moise Katumbi, le gouverneur de la province du Katanga.

Joseph Kabila, président de la RDC a annoncé le mois dernier qu’il ne chercherait pas un troisième mandat, respectant les limites constitutionnelles du pays. Il a apporté son soutien à la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary. Mais les adversaires de Kabila l’ont accusé de tenter de truquer le vote pour assurer l’élection de Ramazani qui est de son bord politique.