RDC : 4 morts dans l’évasion de 301 prisonniers de Bukavu

Au moins quatre personnes ont été tuées jeudi lors de l’évasion de 301 détenus de la prison centrale de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

L’évasion de 301 prisonniers de la prison centrale de Bukavu a été meurtrière. Au moins quatre personnes ont péri lorsque les prisonniers se sont fait la belle, a annoncé ce vendredi une responsable judiciaire.
Parmi les victimes, deux militaires commis à la garde et deux détenus qui tentaient de s’évader, a expliqué à l’AFP, Gisèle Balegamire, ministre de la Justice et Droits humains pour la province du Sud-Kivu, dont Bukavu est la capitale.

Selon un policier sous couvert de l’anonymat, le bilan était initialement de deux morts, un civil et un militaire sous-lieutenant, et sept blessés, au nombre desquels trois civils et quatre militaires. D’après lui, 35 évadés avaient été rattrapées. Mais la ministre de la Justice a indiqué, ce vendredi matin, que 54 personnes au total avaient été récupérées, mais 51 seulement sont déjà dans la prison, parce que trois d’entre elles sont sérieusement blessées et sont à l’hôpital pour des soins.

Parmi les évadés, on compte notamment ceux accusés de vouloir attenter à la vie du célèbre Docteur Denis Mukwege, considéré comme le médecin qui répare les femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles violentes dans le Kivu, ainsi qu’à celle d’opérateurs économiques, selon un officier de police. L’un de ces évadés figure d’ailleurs parmi les victimes de l’évasion, a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Le docteur Mukwege, gynécologue, a été plusieurs fois cité pour le Prix Nobel de la paix. Il a fondé l’hôpital et la fondation de Panzi pour soigner les femmes violées dans l’Est de la RDC. Le 25 octobre 2012, il avait échappé à une tentative d’assasinat dans laquelle le gardien de sa résidence avait été tué.

C’est une situation malheureuse et inquiétante, a déclaré à l’AFP, sans plus de commentaire, un employé de l’administration de l’hôpital du Dr Mukwege, lui-même actuellement hors du pays. Une enquête est en cours, selon la ministre de la Justice, qui a expliqué que l’évasion serait liée à la suspension de l’ancien chef de la prison (…) accusé notamment de monnayage des visites aux détenus, facilitation des tortures des certains détenus par des militaires et détournement des fonds alloués à la prison.

Les évasions, souvent massives, ne sont pas rares en RDC, où les prisons sont particulièrement surpeuplés. Les bâtiments pénitenciers datant de l’époque coloniale belge, les prisonniers vivent dans des conditions d’hygiène désastreuses, exposés à de nombreuses maladies, à la déshydratation et à la malnutrition. Les ONG de défense des droits de l’Homme ont d’ailleurs à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme, appelant à améliorer les conditions de vie dans les prisons en RDC. Elles affirment qu’on peut y mourir de faim, de manque de soins ou de torture.