Qui veut la peau de Khalifa ?

Le golden boy algérien, Rafik Khalifa, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie. Le cauchemar semble se prolonger pour l’ancien pharmacien devenu président du groupe Khalifa. Après la chute de son empire, Rafik Khalifa continue de subir les revers d’un succès trop fulgurant, très gênant pour certains.

Abdelmoumene Rafik Khalifa fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie depuis fin mars dernier. Le patron du groupe algérien Khalifa, présent dans le transport, la banque et les médias, connaît des déboires avec la justice de son pays. « Non respect des clauses de déclaration, défauts d’autorisations conditionnées et non conformité de conditions liées à ces autorisations », sont les chefs d’accusation qui motiveraient ce mandat selon le quotidien Le Soir d’Algérie.

En Algérie, plus que l’homme, ce sont surtout les conséquences économiques de la fin du groupe Khalifa qui intéressent. Ce qui est compréhensible quand on sait que le groupe employait près de 14 000 personnes en Algérie. Certains Algériens estiment par ailleurs que les reproches qui sont faits aujourd’hui par la Banque centrale algérienne à El Khalifa Bank auraient pu l’être plus tôt. Notons que la rumeur algéroise voudrait qu’il soit la victime des personnes qui lui ont prêté main forte dans son ascension enflammée désormais réduite en cendres.

Victime d’un complot ?

Les soucis ont, semble-t-il, commencé quand le groupe s’est investi dans les médias. L’influence que représente la gestion d’un média, alors que Khalifa semble très proche du pouvoir actuel, aurait inquiété certains milieux. Un pouvoir qui a d’ailleurs quelque peu hésité à admettre que l’homme d’affaires était sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Alors que pour Rafik Khalifa, les malheurs se précisaient déjà le 24 février. Ce jour-là, deux de ses proches, transportant des valises contenant des millions d’euros, étaient arrêtés à l’aéroport d’Alger.

Souvent comparé au milliardaire Messaoud Zeggar qui a fait fortune dans les années 70 et qui a disparu dans des circonstances étranges, on reproche à Rafik Khalifa sa trop rapide ascension. Né le 1er octobre 1966 à Bejaïa, il se serait enrichi en produisant des médicaments génériques. Pharmacien, il l’est devenu en héritant de son illustre père Laroussi Khalifa, ancien ministre de Ben Bella. Ce qui n’explique pas la diversification et les investissements lourds réalisés par le groupe, notamment pour la mise en place de la flotte de Khalifa Airways. Sous la surveillance des services de renseignements français, le jet-setteur algérois, résidant actuellement à Londres, fréquenterait également la pègre du pouvoir algérien.