Québec : le regroupement familial rouvre, mais les familles africaines et maghrébines restent sous quota


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Illustration médecin marocain au Canada
Illustration médecin marocain au Canada

Après près d’un an de gel, Québec rouvrira le 2 juillet les demandes de regroupement familial. Une bonne nouvelle pour de nombreuses familles africaines et maghrébines installées dans la province, mais encadrée par un plafond strict de 15 700 demandes d’ici 2028.

À partir du 2 juillet 2026, les ressortissants étrangers parrainés par un proche établi au Québec pourront de nouveau déposer une demande d’engagement auprès du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Cette réouverture très attendue s’accompagne d’un plafond serré de 15 700 demandes seulement qui seront acceptées d’ici le 30 juin 2028.

Pour les diasporas africaines et maghrébines du Québec, la mesure a une portée concrète car derrière les chiffres, il y a des couples séparés ou des parents et enfants séparés.

Le plafond se répartit en deux sous-catégories : 13 300 demandes pour les époux, conjoints de fait ou partenaires conjugaux, et 2 400 pour les parents et grands-parents. Les enfants à charge, les enfants mineurs orphelins et les enfants à adopter restent exemptés du plafond.

Une réouverture sous forte tension

Cette décision intervient après une séquence tendue. En juin 2024, Québec avait fixé un plafond de 13 000 demandes pour la période courant jusqu’au 25 juin 2026. Ce plafond a été atteint dès juillet 2025, provoquant de fait un gel de près d’un an pour les nouvelles demandes. Selon le MIFI, environ 12 200 personnes attendaient encore la réouverture au 31 mars 2026.

La réouverture ne signifie donc pas un retour à la normale. Sa principale nouveauté est un calendrier de réception échelonné sur deux ans. Ainsi, les demandes seront traitées selon la date de la lettre d’admissibilité délivrée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), et non plus selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les personnes dont l’admissibilité a été reconnue avant le 31 juillet 2024 pourront déposer leur demande dès le 2 juillet ; les autres devront attendre l’ouverture de leur propre tranche.

Pourquoi l’Afrique est directement concernée

L’enjeu touche particulièrement les ressortissants africains. Selon l’Institut de la statistique du Québec, le Cameroun a été en 2025 le premier pays d’origine des immigrants permanents admis dans la province, devant la France. L’Algérie, la Tunisie et le Maroc figuraient également parmi les principaux pays d’origine.

Le Maghreb occupe une place à part dans cette dynamique. Statistique Canada souligne que plus de 80 % des personnes arabes nées en Algérie, au Maroc ou en Tunisie et vivant au Canada résident au Québec, Montréal en concentrant une grande partie. Pour ces communautés, le regroupement familial conditionne souvent une installation durable, en stabilisant un couple ou en permettant à un parent dépendant de rejoindre sa famille.

Une bonne nouvelle, mais pas un appel d’air

La prudence reste de mise. Le plafond de 15 700 demandes, réparti sur deux ans, devrait se saturer rapidement compte tenu du nombre de personnes déjà en attente. Les familles dont l’admissibilité est plus récente devront patienter avant de pouvoir déposer leur dossier. Le Québec se distingue par ailleurs par la longueur de ses délais de traitement, sensiblement plus élevés que dans le reste du Canada.

Pour les diasporas africaines et maghrébines, l’annonce reste cependant un soulagement.

Zainab Musa
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Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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