Prévention des AVC au Cameroun : alerte aux insomniaques !

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20% des Camerounais sont insomniaques alors que dormir est primordial et ce n’est point une perte de temps dans cette époque contemporaine dont le système de valeurs privilégie tous azimuts l’activité et le rendement.

Ainsi, avec la recrudescence des AVC au Cameroun, le rappeler me semble un devoir du fait que les dernières publications scientifiques sont édifiantes et révèlent que les insomniaques ont deux fois plus de risques de faire un AVC que les non­-insomniaques et ce risque d’AVC est 8 fois plus élevé chez les jeunes de 18 à 24 ans. L’insomnie se révèle donc être un facteur de risque non négligeable des AVC surtout chez les sujets jeunes jusqu’alors largement épargnés par ce nouveau fléau émergent au Cameroun et devient également un nouveau problème de Santé Publique à prendre en compte dans toute politique de prévention des AVC au Cameroun.

Quand se considérer comme insomniaque ?

Une personne adulte a besoin en moyenne de 6 heures de sommeil par nuit afin de rétablir son équilibre psychologique et intellectuel. Aussi, toute personne qui a moins de 4 heures de sommeil par nuit peut se considérer comme atteint d’insomnie. Cette insomnie peut être passagère et ne durer que quelques nuits mais peut également être courante lorsqu’elle s’installe dans la chronicité à raison de plus de 3 nuits d’insomnie par semaine pendant plus d’un mois. C’est cette forme d’insomnie qui expose à des risques majeurs d’AVC et qui frappe malheureusement la majorité d’insomniaques au Cameroun.

Pourquoi tant d’insomniaques au Cameroun ?

Avec l’accroissement de la misère, la pauvreté, le chômage et autres « OPERATION EPERVIER », dormir sur ses lauriers au Cameroun n’est plus une sinécure tant il est évident que les troubles psychologiques conséquents de cette conjoncture économique et sociale délétère, malmènent très largement le sommeil des Camerounais pour finir par les transformer en insomniaques chroniques .

Les conséquences

Ne pas dormir ou dormir insuffisamment expose à des conséquences graves pour la santé car la privation prolongée de sommeil augmente de 50 % le risque de subir un AVC ou de décéder d’une crise cardiaque. En effet, le manque de sommeil chronique stimule l’organisme à produire des substances hormonales qui favorisent la prise de poids, la survenue d’un diabète et l’installation d’une maladie hypertensive ou d’une dyslipidémie. Aussi, de trop nombreuses personnes hypothèquent leur temps de sommeil précieux et augmentent ainsi considérablement leur risque de souffrir d’un AVC ou d’être foudroyé par une crise cardiaque alors qu’en dormant ne serait-­ce que 6 heures de sommeil par nuit, elles protégeraient valablement leur santé physique et mentale tout en réduisant de façon conséquente et évidente leur risque de subir ces drames sanitaires désormais quotidiens au pays des Lions Indomptables.

Que doit faire l’insomniaque ?

Très souvent, l’insomnie est le symptôme d’un problème psychologique ou médical à diagnostiquer. Aussi, je conseille vivement à toute personne qui présente une insomnie courante, à consulter son médecin car contrairement à une certaine imagination populaire, l’absence de sommeil ne se traite pas automatiquement par l’absorbtion intempestive de somnifères. Par ailleurs, des conseils quotidiens sont à observer par l’insomniaque. Il doit notamment éviter l’obsession de ne pas dormir en se posant des questions anxieuses du genre « vais-­je dormir cette nuit ? ». Parallèlement, l’insomniaque doit également éviter les repas copieux le soir et les excitants comme le café, le thé, les sodas et autres boissons dites énergisantes. Le sommeil est sensible aux phénomènes extérieurs tels que le bruit et la lumière. De ce fait, les personnes souffrant de troubles du sommeil doivent dormir dans un environnement calme et sombre, dans un environnement sans excitation sonore ou lumineuse.

Faut-­il compter les moutons ?

Nos aînés avaient pour habitudes de compter les moutons pour s’endormir. L’évolution de notre mode de vie nous fait découvrir de nouvelles expériences et de nouveaux outils. L’individu connecté en permanence via son ordinateur, sa tablette ou son Smartphone va être soumis à des troubles du sommeil du fait qu’il garde de façon inconsciente son cerveau en veille afin de répondre tout de suite, instantanément à ses SMS, MMS, mails et autres notifications provenant des réseaux sociaux. Ces actions sont à l’origine de troubles du sommeil du fait d’un retard à l’endormissement, d’un fractionnement des cycles du sommeil et par conséquent d’une réduction globale de la durée du sommeil. Alors, faut­il compter les moutons ? Oui… mais dormir déconnecté !

En Conclusion

Le manque chronique de sommeil est desormais un facteur de risque non négligeable d’AVC au Cameroun et constitue de ce fait un véritable danger de premier plan pour la Santé Publique. Aussi, l’insomnie doit absolument être intégrée aux conseils de Prévention des AVC au Cameroun. Tout Camerounais sait désormais que les nuits blanches « sans sommeil réparateur » sont des bombes à retardement pour sa santé. Alors que de bonnes nuits de sommeil permettent à tout un chacun d’être bien dans sa peau et de demeurer en bonne santé pour vivre plus longtemps. Mon cri du cœur : ALERTE AUX INSOMNIAQUES ! A bon entendeur… BONNE NUIT !

Dr Armand NGHEMKAP

Médecin des hôpitaux

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