Présidentielles ivoiriennes : la communauté internationale met la pression sur Gbagbo

La communauté internationale a salué unanimement l’affichage public, dimanche dernier, de la liste électorale provisoire de la Côte d’Ivoire. Mais elle presse les autorités ivoiriennes de fixer rapidement une nouvelle date pour le scrutin présidentiel. Celui-ci ne pourrait plus se tenir le 29 novembre prochain et devrait être de nouveau reporté.

« Des efforts fournis, certes. Il faut désormais persévérer et concrétiser. » Telle pourrait être l’indication générale annotée par la communauté internationale sur la feuille de copie de l’élève Côte d’ Ivoire. Après avoir annoncé le report des élections présidentielles le 11 novembre dernier, la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne a rendu publique dimanche, la liste électorale provisoire. Une avancée indéniable, dans l’organisation de l’élection présidentielle, qui depuis quatre ans, ne cesse d’être ajournée. Celle-ci était initialement prévue le 29 novembre. Mais on s’achemine vers un nouveau report sine die. D’où l’impatience de la communauté internationale, qui presse le gouvernement ivoirien de clarifier la situation.

La fixation d’une date de scrutin « le plus tôt possible »

Les réactions internationales suite à la publication de la liste électorale provisoire semblent en effet traduire une certaine irritation à l’égard des autorités ivoiriennes. Ce mardi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a ainsi appelé les autorités ivoiriennes à fixer « le plus tôt possible une nouvelle date pour l’élection présidentielle ». Dans un communiqué, il a également souhaité la préparation « au plus vite » de la liste électorale définitive. Une urgence qui en dit long sur l’agacement des Nations Unies.

Le même sentiment prévaut du côté de l’administration Obama. Les États-Unis ont fait part ce mardi de leur « déception » du fait que l’échéance du scrutin présidentiel ait été repoussée. Washington a haussé le temps en déclarant qu’il était « impératif » que toutes les parties s’entendent pour organiser des élections, et ce, « sans plus de délais », selon le porte-parole du département d’ État Ian Kelly.

S’inscrivant dans cette même logique de pression plus affirmée à l’égard d’Abidjan, le Ministère des Affaires étrangères français a appelé lundi à « l’esprit de responsabilité » des autorités ivoiriennes. Le porte-parole du Quai d’Orsay Bernard Valero a en outre réitéré la nécessité d’un climat serein pour parvenir à « une liste électorale agréée par tous ».

Vers une liste électorale définitive

Pendant ce temps, l’affichage des listes électorales provisoires poursuit son cours. Selon le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne, Auguste Miremont, il serait effectif dans « pratiquement toutes les zones du pays », du Bafing (nord-ouest) au Bas-Sassandra (sud-ouest). Après que 5,3 millions d’électeurs aient vu leur inscription validée, 1,033 million d’ivoiriens se trouvent à ce jour confrontés à des cas de litige. Ils ont trente-huit jours pour faire entendre leurs réclamations dans les centres où a eu lieu le recensement, en vue de l’établissement d’une nouvelle liste électorale, qui, elle, sera définitive.

Celle-ci permettrait enfin d’éditer les cartes électorales et d’entamer leur distribution. S’en suivra le lancement de la campagne électorale de deux semaines préalable au scrutin. Le Rassemblement des républicains, parti de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara a estimé ce lundi que « les reports successifs de l’élection présidentielle entamaient la crédibilité du processus électoral ». La balle demeure donc dans le camp de la CEI. Celle-ci « doit faire ses preuves ».