Présidentielles en RDC : Bemba a officiellement contesté les résultats

Jean-Pierre Bemba a déposé, samedi, un recours auprès de la Cour suprême congolaise pour contester les résultats du second tour des élections présidentielles du 29 octobre dernier en République Démocratique du Congo. Les juges ont sept jours pour examiner sa requête.

Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux aux présidentielles en République Démocratique du Congo, a déposé samedi un recours auprès de la Cour suprême contre les résultats publiés, mercredi dernier, par la Commission électorale indépendante (CEI). Dès le lendemain de la proclamation des résultats qui ont donné Joseph Kabila vainqueur du second tour des présidentielles, avec 58, 05% des suffrages exprimés, M. Bemba n’avait pas fait mystère de ses intentions.

Les dérogations posent problème à M. Bemba

La Cour suprême a sept jours pour statuer sur la requête de l’ancien vice-président congolais. Elle s’articule autour de sept points dont certains ont déjà été traités par la CEI. Mais ses réponses n’ont pas satisfait Jean-Pierre Bemba. Surtout celles relatives aux votes par dérogation. Son recours porte ainsi sur les dispenses qui ont permis, par exemple, à des employés électoraux et à des représentants de partis de voter dans les bureaux où ils étaient assignés, et non pas dans ceux où ils étaient inscrits. Le taux de participation dans les provinces de l’Est favorables à Joseph Kabila, le président élu, est aussi remis en cause. « Nous avons bon espoir que la Cour suprême nous donnera raison concernant notre résultat », a affirmé l’avocat Delly Sesanga, membre de la coalition politique, l’Union pour la Nation (UN), qui soutient le candidat Bemba. « Nous pensons que le processus a été entaché de nombreuses irrégularités et qu’il n’a été ni démocratique, ni transparent.»

Selon le quotidien Le Potentiel, la Cour suprême congolaise pourrait statuer de trois manières. Soit elle confirme les résultats de la CEI, soit elle ordonne le recomptage des voix là où le problème se pose pour effectuer des corrections en faveur de l’un ou l’autre des candidats. Soit enfin, elle annule « le reste des voix dans des circonscriptions électorales où le taux des personnes ayant voté par dérogation a été supérieur au nombre des inscrits ». Les résultats définitifs des élections présidentielles congolaises sont attendus pour le 30 novembre et l’investiture du nouveau président de la République est prévue pour le 10 décembre.