Présidentielles au Congo : le taux d’abstention fait polémique


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Alors que les Congolais attendent les premiers résultats de l’élection présidentielle de dimanche, la polémique enfle autour du taux de participation. Selon certains adversaires du président sortant, Denis Sassou Nguesso, le taux d’abstention aurait dépassé les 90%. Faux, répondent les organisateurs, proches du pouvoir, qui affirment que la participation a été forte à l’intérieur du pays.

Au lendemain du scrutin présidentiel au Congo, une guerre de communiqués bat son plein entre l’opposition et la mouvance du président sortant Denis Sassou Nguesso. Selon certains adversaires de ce dernier, l’élection de dimanche aurait été marquée par un taux d’abstention record et des fraudes massives. C’est qu’ont indiqué, dès la fermeture des bureaux de vote, dimanche soir, six candidats dont Mathias Dzon, ancien ministre des Finances de Sassou Nguesso, désormais considéré comme son principal adversaire. « Le peuple congolais s’est massivement exprimé par une abstention de plus de 90% », ont-ils déclaré dans un texte commun. « Par ce fort taux d’abstention, ont-ils ajouté, les Congolais épris de justice et de paix ont exprimé le rejet de ce régime totalitaire, arrogant et corrompu ».

Ces six candidats (trois opposants et trois indépendants) dénoncent par ailleurs plusieurs irrégularités. « Des militaires fidèles au président sortant, affirment-t-ils, ont voté plusieurs fois dans différents bureaux de vote ». Ils signalent également que certaines autorités locales ont distribué de l’argent « pour inciter la population à aller voter ».

Les résultats définitifs seront connus avant la fin de la semaine

Mais toutes ces accusations ont été rejetées par Alain Akouala Atipault, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, qui les a qualifiées d’« inexactes » et d’« incohérentes ». D’après lui, « le taux d’abstention de 90% avancé par l’opposition est farfelu ». Son collègue de l’Administration du territoire, Raymond Mboulou, affirme même que la participation qui atteint 100% dans certaines localités, « sera au-dessus de la moyenne ».

D’après les premiers chiffres avancés par le ministère de l’Administration territoriale, co-organisateur du scrutin avec la Commission d’organisation nationale des élections (Conel), cette participation a été de 40,25% à Ouenzé (nord de Brazzaville), 41,06% à Bacongo (au sud de Brazzaville), et plus de 64% dans deux arrondissements de Dolisie, la troisième ville du pays. Et ce chiffre aurait même atteint 62,57% à Lumumba, un arrondissement de la capitale économique, Pointe-Noire. Mais sur l’ensemble du territoire, plusieurs observateurs nationaux et internationaux ainsi que des journaliste de l’AFP, affirment qu’il n’y a pas eu grande affluence dans les bureaux de vote.

La commission électorale a indiqué que les résultats provisoires sont en train d’être centralisés et qu’ils devraient être connus dans les «trois à quatre jours» à venir.

photo: Gabon Eco

Stéphane Ballong
LIRE LA BIO
Stéphane Ballong est un journaliste franco-togolais spécialisé dans l'économie africaine. Diplômé de l'Université de Lomé, puis de l'École supérieure de journalisme de Lille et de Paris I Panthéon-Sorbonne. Iil a débuté sa carrière en 2008 comme responsable de la rubrique économie à Afrik.com. En 2009, il rejoint le groupe Jeune Afrique où il occupe successivement les postes de rédacteur, rédacteur en chef adjoint du service économie (2013-2017), rédacteur en chef central (2017-2021), puis directeur adjoint de la rédaction chargé de l'économie en 2022 France Medias Monde. Au sein de Jeune Afrique,. Depuis janvier 2023, il est rédacteur en chef du service Afrique de France 24
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