Présidentielle en Algérie : les dérives de la campagne électorale

La Commission nationale de surveillance de l’élection présidentielle a fait état d’ « un nombre considérable » de dérapages depuis le début de la campagne électorale.

Anarchie dans les affichages, agressions sur les représentants des candidats, partialité dans le traitement médiatique… La Commission nationale de surveillance de l’élection présidentielle (CNSEP) tire la sonnette d’alarme. Le président de la CNSEP, Fateh Boutbig, a affirmé mercredi, lors d’une conférence de presse à Alger, qu’ « un nombre considérable » de « dépassements » ont été constatés depuis le lancement de la campagne électorale.

Suite à des requêtes formulées par le candidat Abdelaziz Belaïd, du Front El Moustakbal, faisant état d’agressions dont ont fait l’objet deux de ses permanences à Djelfa et Blida, la commission a saisi les autorités compétentes. La CNSEP a envoyé des correspondances à la commission de supervision, composée de magistrats, et à la commission de préparation de la Présidentielle, dirigée par le Premier ministre par intérim, Youcef Yousfi, afin que des « enquêtes » soient menées. Le chef du gouvernement a exhorté Fateh Boutbig d’ « apporter des preuves » quant à ces « dépassements ».

Fateh Boutbig, qui a « condamné » ces dépassements, a également été interpellé par rapport à la couverture médiatique dont jouit tout spécialement un candidat : le Président sortant Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier peut en effet s’exprimer autant de fois qu’il ne le souhaite, par rapport aux autres candidats, à condition toutefois qu’il le fasse sous la casquette de Président. La Constitution et la loi organique portant le régime électoral n’interdisent pas au Président-candidat de continuer à exercer ses missions.

D’après le président de la CNSEP, l’Etat vient de verser 15 millions de dinars à chacun des six candidats en lice destinés à financer les opérations d’affichage pour le scrutin du 17 avril prochain.