Présidentielle en Algérie : Abdelmalek Sellal en campagne électorale ?

Le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, multiplie, depuis plus d’un mois, les sorties sur le terrain. Certains estiment que le chef du gouvernement est entré officiellement en campagne électorale pour le compte du Président Bouteflika.

« Non, je ne suis pas en campagne électorale », affirme le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal. Pourtant, à quatre mois de la Présidentielle, « l’homme de confiance » du Président Abdelaziz Bouteflika intensifie ses sorties sur le terrain. D’ailleurs, la décision de remanier le calendrier de l’Assemblée nationale Populaire (APN), a priori sans intérêt, suscite la curiosité. Désormais, le gouvernement aura rendez-vous le lundi et non plus le jeudi, pour répondre aux questions des députés. « C’est sur instruction du Premier ministre que le changement a été opéré », souligne une source de l’exécutif au journal électronique TSA (Tout sur l’Algérie).

Il semblerait que les ministres sollicités par les députés, notamment ceux de l’Habitat, de l’Industrie, des Travaux publics, de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Intérieur, et du Travail, « ne seront plus disponibles les jeudis, sinon rarement ». La raison est simple : ces derniers sont dorénavant réquisitionnés pour accompagner le Premier ministre lors de ses déplacements. Et « cela fait plus d’un mois » que ça dure et que les ministres n’ont « rien programmé le jeudi à l’APN à cause justement de ce contretemps », souligne la source de l’exécutif.

Sellal au-dessus de la Constitution ?

Bien que le chef du gouvernement continue à démentir être entré en campagne électorale, son agenda qui affiche quasi-bouclé à l’approche de la Présidentielle tend à prouver le contraire. A plusieurs reprises, Sellal a, selon la presse locale, bravé la Constitution en défendant, sans aucune réserve, un quatrième mandat du Président. « Bouteflika ne partira pas », a-t-il déclaré lors de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Adrar.

L’opposition s’inquiète de voir s’agiter si brusquement l’exécutif, alors même que la campagne électorale n’a pas été officiellement lancée. D’autant plus que l’élection sera chapeautée par l’administration, contrairement au vœu de l’opposition qui tenait à ce qu’elle le soit par la Commission indépendante.

Abdelmalek Sellal est accusé par l’opposition et certains journaux algériens de distribuer des enveloppes budgétaires à chaque wilaya qu’il visite. Ces derniers appellent à la neutralité du Premier ministre dans le cadre de l’élection Présidentielle de 2014.