Présidentielle à Madagascar : accusée de corruption, la CENI parle

Accusée de corruption, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) malgache a fait face à la presse, à Antananarivo, au moment où le dépouillement des bulletins de vote de l’élection présidentielle du 7 novembre se poursuit pour des résultats attendus le 28 novembre.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI), accusée de corruption, a donné une conférence de presse, ce samedi 10 novembre 2018, depuis son quartier général, à Antananarivo, à Madagascar. La CENI, qui confirme avoir détecté des anomalies pendant l’élection, tout comme certains observateurs électoraux de la communauté internationale, qui ont fustigé des doublons sur la liste électorale, des cartes d’électeurs qui ne sont pas arrivées ou encore des bulletins pré-cochés, entre autres, met en garde contre les critiques et les accusations de corruption qu’elle subit depuis quelques jours.

Le président de la CENI invite « toutes ces personnes-là à apporter les preuves puisque, effectivement, c’est très grave de porter, à l’endroit de la Commission électorale nationale indépendante, de tels mensonges, de tels propos sans aucune preuve à l’appui ». Toutefois, la CENI a indiqué avoir consigné ces anomalies, comme le demande la loi électorale, sans oublier de préciser qu’il appartiendra à la Haute Cour constitutionnelle traitera. La CENI a tout de même rassuré que ces anomalies constatées ne remettent pas en cause la régularité du scrutin.

Ce point des presse intervient trois jours après le premier tour de scrutin de l’élection présidentielle, alors que 4 024 bureaux de vote ont été traités sur 24 852 avec un taux de participation de 52,41%. Selon les premières tendances,  Andry Rajoelina arrive en tête avec 40,52%, suivi de Marc Ravalomanana qui serait accrédité de 39,37% des suffrages provisoires. Quant au Président sortant, Hery Rajaonarimampianina, il se retrouve avec un faible crédit de 5,71%.