Première journée mondiale contre la rage célébrée au Togo

La journée mondiale contre la rage est célébrée ce 28 septembre 2010 pour la première fois au Togo par le lancement d’une vaste campagne de vaccination des animaux domestiques. Toute personne possédant un chien est invitée à venir le faire vacciner gratuitement sur toute l’étendue du territoire nationale. Cela afin de sensibiliser la population sur la gravité de cette maladie négligée et méconnue, l’informer sur la facilité de la prévenir et d’éliminer le virus.

« La rage tue, faites vacciner vos chiens, chats et singes ». C’est l’annonce faite par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche Monsieur Kossi M. Ewovor pour lancer la campagne dans le cadre de la première journée mondiale contre la rage au Togo. Au niveau international, c’est la quatrième célébration cette année. Objectif : inciter les personnes à faire vacciner leurs animaux afin d’éradiquer la maladie. Pour lutter contre cette dernière, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) finance ce mardi des vaccinations gratuites de chiens domestiques au niveau de la direction de l’élevage. Des vaccinations qui se poursuivront par la suite, toujours gratuitement et durant trois mois, dans les cabinets vétérinaires du pays. La vaccination du chien coûte environ 5000 F FCA. Une vaccination qui doit survenir chaque année pour être efficace.

Au Togo, la menace est réelle : 500 000 chiens circulent dans le pays dont 200 000 animaux de maison. Et selon une étude, seul 1 à 2% des chiens du Togo sont vaccinés. Or, la rage peut être contractée par l’homme par une griffure, une morsure ou la salive des animaux domestiques, des animaux de brousse, et des chauves-souris et être fatale. D’où la nécessité d’une grande vigilance des professionnels du secteur. « Tout chien mordeur est mis sous surveillance et au cours de cette mise en quarantaine, c’est une étape vraiment importante où il arrive que le chien meurt. Cela peut nous faire conclure que l’animal était enragé. Tout changement de comportement de l’animal doit vous alerter car la rage est le plus souvent une maladie nerveuse » affirme Kossi Pewé, vétérinaire dans un cabinet de la ville.

Vite réagir en cas de morsure

Dans le pays, on dénombre environ 50 morts par an mais selon les spécialistes mais les chiffres dont nous disposons sur le phénomène sont largement sous-estimés par le manque de données statistiques fiables et récentes et également par le manque de connaissance des populations. Au Togo, on meurt de la rage sans savoir que c’est de cela dont il s’agit. Or cette maladie mortelle attaque les nerfs et abîme irrémédiablement le cerveau. En cas de morsure ou autre contact, il faut donc réagir vite. « Une fois qu’on est mordu par un animal par exemple, il faut tout de suite laver la plaie au savon qui va débarrasser la plaie de plus de 90% de sa charge virale » rappelle docteur Wateba, Ihou Majesté, infectiologue et expert Rage Afrique. « Après, il faut se rendre chez un spécialiste qui va déterminer si l’animal mordeur est un animal suspect. Si c’est le cas, une vaccination contre la rage est administrée pour permettre au patient mordu de développer ses anticorps propres dans les 15 jours, lesquels vont le protéger du virus », poursuit-il. La dose administrée au patient coûte environ 10 000 F CFA (environ 15 euros). Or, il est souvent nécessaire d’injecter quatre doses pour la pleine guérison du patient. Soit 40 000 F CFA (environ 61 euros), une somme importante pour le togolais moyen. Pour déceler la rage, certains symptômes simples peuvent rapidement alerter tout un chacun.

Selon l’expert « c’est d’abord l’hydrophobie car le patient subit une paralysie de la gorge ce qui le fait avaler de travers en buvant ou en mangeant. Cela provoque chez lui le refus d’avaler. Cette peur de l’eau s’étend souvent à la peur de l’air qu’on nomme aérophobie. Ces deux symptômes suffisent à diagnostiquer la rage » précise le spécialiste. Ensuite, comme la personne ne peut pas avaler, elle salive ce qui provoque une hyper salivation du patient. » En plus, le virus s’attaque au cerveau qu’il détruit. La personne change de comportement, devient incohérente, elle n’a plus la maîtrise d’elle-même. Comme c’est une maladie infectieuse, la fièvre survient, ainsi que des frissons et de la sueur.

Pour éviter ces désagréments qui peuvent aboutir à la mort, la campagne recommande de faire vacciner ces animaux domestiques régulièrement et de respecter la législation en vigueur. « Un arrêté oblige tout propriétaire de chien, chat ou singe à faire vacciner son animal mais les gens négligent cette contrainte», explique le vétérinaire. Si certaines mesures législatives existent tel que le port obligatoire du collier pour l’animal avec le nom du propriétaire, la vaccination obligatoire, l’abatage de l’animal en cas de rage ou encore la mise en quarantaine obligatoire en cas de morsure, la majorité des propriétaires rechignent à respecter la loi. Au risque de voir la maladie prospérer davantage au Togo.