
Moscou déconseille désormais à ses citoyens de se rendre au Maroc, invoquant un risque d’arrestation et d’extradition vers les États-Unis. Une alerte surprenante, alors que le tourisme russe vers le Royaume connaît une nette progression et que les liaisons aériennes se renforcent.
Moscou alerte ses citoyens sur les voyages au Maroc
Le ministère russe des Affaires étrangères a émis un avertissement à destination de ses ressortissants, les invitant à éviter les pays ayant conclu des accords d’extradition avec les États-Unis, dont le Maroc. Selon Moscou, Washington pourrait utiliser des « stratagèmes frauduleux » pour attirer des citoyens russes avant de les poursuivre devant la justice américaine.
Cette mise en garde s’inscrit dans une rhétorique plus large de défiance envers les États-Unis, régulièrement accusés par la diplomatie russe d’instrumentaliser les mécanismes judiciaires à des fins politiques.
Le tourisme russe au Maroc en hausse
Cette alerte contraste avec la dynamique positive du tourisme russe au Maroc. En 2025, les arrivées de visiteurs russes ont fortement progressé, avec une hausse estimée entre 29% et 40% selon les sources.
Ces voyageurs sont en quête de destinations alternatives, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des restrictions sur d’autres marchés touristiques.
Royal Air Maroc renforce d’ailleurs cette dynamique, augmentant ses fréquences Casablanca-Moscou à sept vols hebdomadaires dès janvier 2026, tandis qu’une nouvelle liaison vers Saint-Pétersbourg doit être lancée. Les deux pays maintiennent des accords de voyage relativement facilités, le Maroc restant une destination accessible aux touristes russes.
Un signal géopolitique au-delà du tourisme
Au-delà du conseil adressé aux voyageurs, l’avertissement russe traduit une inquiétude politique plus large. Moscou considère les traités d’extradition comme des instruments de pression géopolitique, notamment dans le contexte de sa confrontation avec Washington.
Le Maroc se retrouve ainsi au croisement de deux dynamiques : un partenariat touristique en plein essor avec la Russie et son inscription dans un cadre juridique international qui alimente les craintes du Kremlin.




