Pourquoi le gouvernement camerounais interdit-il la marche pacifique du MRC ?

La journée du 22 septembre 2020 a ressemblé à un jour « férié » sur toute l’étendue du territoire camerounais et restera à jamais gravée dans la mémoire des populations. Malgré les interdictions des autorités, la coalition des partis de l’opposition et des organisations de la société civile, baptisée : « Les Forces Du Changement », et dirigée par le Pr Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a tenu à exprimer son mécontentement à travers une marche dite « pacifique » et les itinéraires étaient connus de tous.

Les mobiles de cette manifestation n’étaient autres que la révision du code électoral, la pacification des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun et le « départ pur et simple du président de la République », au pouvoir depuis bientôt 39 ans. Quelques jours avant cette manifestation, les marcheurs issus du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), des autres partis politiques et des organisations de la société civile, avaient reçu des instructions portant sur le comportement à adopter afin d’éviter les débordements.

Très tôt dans la matinée du 22 septembre 2020, un fort déploiement des forces de maintien de l’ordre (FMO), armées jusqu’aux dents, avait été noté. Ces forces, composées des policier et de gendarmes, étaient positionnées au niveau des points névralgiques des villes de Douala, Yaoundé et Bafoussam, avec pour mission de disperser les manifestants qui devaient commencer leurs marches à 10 heures. Malgré la présence des FMO à ces différents endroits, les manifestants, même en l’absence du Pr Maurice Kamto, assigné à résidence surveillée chez lui à Yaoundé, avaient marché, avant d’être dispersés à coups de gaz lacrymogène, certains avaient été interpellés et transportés derrière les pick-up.

« Que faire dans un pays où la corruption, la répression et les braquages électoraux (bourrage des urnes et les dés pipés avant les élections) règnent en maître absolu? Où les marches pacifiques, pourtant reconnues dans la Constitution mais interdites, pour exprimer son ras-le-bol, où les ministres et directeurs des sociétés publiques détournent les fonds publics, où les populations crient de famine, ne sont pas écoutées par le président de la République, où une poignée de personnes vit dans l’aisance et le reste croupit dans la misère ? Pour toutes ces raisons donc, nous étions obligés, malgré ces interdictions, de marcher pour revendiquer pacifiquement nos droits et non pour une insurrection », ont dénoncé des manifestants qui ont requis l’anonymat.

Le constat a été trop amer, ce jour, car, les commerces étaient restés fermés, les routes désertes, laquasi-totalité des populations étaient restées dans leurs maisons, les camions anti-émeutes positionnés dans les carrefours, il y a eu quelques morts et des blessés, plusieurs manifestantsmolestés et amenés, y compris les journalistes et des véhicules vandalisés par endroits.

Les gouvernants africains en général et camerounais en particulier gagneraient rester à l’écoute de leurs peuples qui ne demandent que l’amélioration de leurs conditions de vie.