Pourquoi Alger va à l’OMC en traînant des pieds

En quinze ans, l’adhésion de l’Algérie à l’OMC n’a toujours pas abouti. Les autorités hésitent à privatiser des secteurs clés de l’économie nationale.

Chi va piano… Quinze ans après les premières négociations avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le processus d’adhésion de l’Algérie n’a pas avancé. Certes, les pourparlers existent mais ils sont d’une grande lenteur.

Explication, selon le quotidien algérien  » La Tribune  » : les divergences entre Européens et Américains sur les questions des subventions agricoles auraient éclipsé les efforts d’Alger pour  » réussir un passage en douceur vers la libéralisation des leviers de son économie « . Virage négocié avec l’  » organisation que dirige Mike Moore (l’actuel président de l’OMC) ainsi qu’avec l’Union européenne « .

10 ans de tergiversations

Du côté de l’OMC, on s’étonne que l’Algérie ait mis  » neuf ans  » à fournir les premiers  » éléments statistiques de son économie qui constituent les documents préparatoires pour étudier l’adhésion d’un pays à l’organisation « .

L’Algérie et le groupe de travail (constitué par ses principaux partenaires commerciaux) désigné par l’OMC ne comptabilisent qu’un seul round de négociations, qui a eu lieu en avril 1998. Depuis, rien.  » Sans doute l’adhésion n’est pas une priorité politique des dirigeants algériens « , s’interroge, ironique, une source de l’organisme basé à Genève.

L’adhésion à l’OMC suppose une  » concurrence et une compétitivité accrues auxquelles les entreprises nationales ne sont pas préparées « , fait valoir  » la Tribune « . L’Algérie voudrait donc préserver un peu de douceur dans le monde des brutes… de la loi du marché.