Pour Fadela Amara, Diam’s devient « un vrai danger »

Les relations entre la rappeuse Diam’s et la secrétaire d’Etat à la ville, Fadela Amara, sont loin d’être au beau fixe. Mercredi, Fadela Amara, invitée à l’émission « Politiquement parlant », sur la chaîne Direct 8, a déclaré que l’artiste donnait « une image négative » de la femme.

Alors qu’en France les débats autour de la burqa et de l’identité nationale font la une de l’actualité, la confrontation entre la rappeuse Diam’s et la secrétaire d’Etat à la ville et ancienne Présidente de l’association Ni Putes ni Soumises, Fadela Amara, prend de l’ampleur.

La politicienne était l’invitée d’honneur à l’émission « Politiquement parlant » diffusée mercredi sur la chaîne « Direct 8 ». Interrogée au sujet de la chanteuse Diam’s, qui porte publiquement le voile, elle a déclaré que « c’est une femme qui a explosé en vol face à sa réussite et qui a beaucoup souffert, mais ce en quoi je ne l’excuse pas: ce n’est pas parce qu’aujourd’hui elle porte le voile qu’elle peut se permettre n’importe quoi et accuser tout le monde».

De riposte en riposte

Sur la scène « NRJ Awards », à Cannes (France), le 25 janvier dernier, Diam’s avait interprété son dernier tube « Peter Pan ». A la surprise générale, elle avait décidé d’en changer les paroles et de s’en prendre à Fadela Amara. « Fadela, tu te moques de moi, tu me critiques, mais est-ce que tu t’es vue avec ta tête de sorcière ? », avait-t-elle chanté.

Il a fallu deux semaines à l’ancienne présidente de Ni Putes ni Soumises pour riposter. Allant encore plus loin lors de l’interview donnée à Direct 8 mercredi, elle a ajouté que Diam’s «devient un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires, parce qu’elle donne une image de la femme qui est une image négative pour moi». Contre le port du voile, Fadela Amara ne mâche pas ses mots. «C’est une femme publique (qui) a de l’influence sur certains jeunes et notamment les filles dans les quartiers, des gamines, surtout des gamines», d’où la condamnation de son attitude.

La guerre médiatique est lancée

La polémique ne date pas de mercredi. En novembre dernier, Diam’s son album S.O.S, quelques jours après que des photos d’elle, voilée à la sortie d’une mosquée de Gennevilliers, avaient défrayé la chronique. La conversion à l’islam de la rappeuse rendue publique, Fadela Amara avait déclaré sur Europe 1 que Diam’s était une personne « qui a beaucoup souffert parce qu’elle n’a pas su gérer son succès phénoménal » et que, selon elle, « le seul moyen de résister et de redevenir humble était de rentrer dans la spiritualité ». « J’espère que Diam’s enlèvera son voile », avait alors conclu la politicienne.

Depuis la publication de son nouvel album évoquant son mal être, Diam’s n’a pas souhaité donner d’interviews. En décembre, lors d’un de ses concerts, elle déclarait : « Je suis une femme convertie, je porte le voile. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas ».

Après les propos virulents tenus par la secrétaire d’Etat à la ville, Diam’s ne devrait pas rester longtemps silencieuse. La balle est dans son camp.