Plus de mandats ivoiriens au Burkina

Les mandats ivoiriens ne sont plus payés par la poste burkinabé. La Côte d’Ivoire a contracté une dette de près de trois milliards de francs CFA auprès des services postaux burkinabés. Cette décision, sans aucun rapport avec la crise ivoirienne, a été prise pour préserver l’équilibre financier de la Sonapost.

On ne peut plus recevoir de mandat en provenance de Côte d’Ivoire au Burkina Faso. La Sonapost, la poste nationale burkinabé, a décidé depuis le 1er février de ne plus payer les mandats ivoiriens à cause de la l’importante dette – trois milliards de francs CFA – déjà contractée par la Côte d’Ivoire auprès d’elle.  » Cette décision n’est en aucun cas liée à la situation actuelle de la Côte d’Ivoire « , précise Jean-André Paré, directeur des services postaux.

 » Le système du mandat est régi par des accords qui lient les administrations postales entre elles à travers un système de compensation. Le Burkina envoie très peu de mandats vers la Côte d’Ivoire. Par contre, nous en recevons beaucoup de la Côte d’Ivoire compte tenu de la forte communauté burkinabé présente dans ce pays (trois millions de personnes, ndlr). Aussi, lorsque nous effectuons la balance, le déséquilibre est toujours à notre désavantage en fin de mois. Nous devons avancer des fonds, qu’il faut trouver, dans l’attente d’une compensation par la poste ivoirienne qui doit le faire dans les plus brefs délais « , explique Jean-André Paré.

Sauver l’équilibre financier de la Sonapost

Le retard très important pris par la Côte d’Ivoire a conduit la Sonapost, qui fait face à une trésorerie tendue, à suspendre le paiement des mandats venant de la Côte d’Ivoire. En 1999, la dette ivoirienne était déjà de plus de 2 milliards. Un courrier a été adressé aux autorités postales ivoiriennes, jusqu’ici sans suite.

 » Cette situation n’est pas extraordinaire. Nous recevons également ce genre de sommations des autres services postaux comme ce fut le cas avec le Bénin. La Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays à être débiteur des services postaux du Burkina  » conclut, rassurant notre interlocuteur.