Philippe Letteron : La guerre du Biafra fut un échec

histoire-2.jpg

En mai 1967, dans le sud du Nigeria, les Ibo proclament leur indépendance et baptisent leur province « Biafra ».
Le gouvernement nigérian met aussitôt en place un blocus. Débute une guerre civile qui va durer deux ans
et demi et provoquer la mort de plus d’un million de personnes. Ce premier conflit « médiatique » est raconté
ici par ceux qui l’ont vécu : leaders biafrais, conseillers français, militaires et médecins.

histoire-2.jpgDiplômé de l’Essec, Philippe Letteron entre en 1963 au secrétariat général de la présidence de
la République pour les Affaires africaines et malgaches. Conseiller des présidents Youlou,
Tschombé, Tombalbaye et Bongo, il effectue plus d’une dizaine de missions au Biafra pendant
la guerre. Il revient ici sur le rôle de la France dans le conflit et décrit l’organisation de l’aide
semi-officielle du gouvernement français. La France intervient assez tard, à la demande d’Etats
africains proches du Nigeria : la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Zambie et la Tanzanie. D’autres pays
entrent alors en jeu : le Portugal et, plus curieusement, l’Afrique du Sud, en plein apartheid, qui
trouve alors l’occasion de s’engager dans une politique africaine. Le soutien logistique de la France
passe par la fourniture d’armes qui transitent par la Côte d’Ivoire et le Gabon mais aussi par l’envoi
de mercenaires.

Libreville, la capitale du Gabon, devient en toute discrétion la plaque tournante
de l’aide française sous l’égide d’une équipe réduite et autonome. L’indépendance de cette cellule
secrète suscite le mécontentement des administrations classiques et de certaines personnalités,
notamment le ministre des Affaires étrangères Couve de Murville qui pense qu’il s’agit d’un
combat voué à l’échec. Un constat que partage a posteriori Philippe Letteron : «Si l’on considère
cette guerre du Biafra aujourd’hui, on peut dire que c’est un échec et que toute l’aide que nous avons
fournie n’a servi qu’à en retarder l’issue»…

Diffusion : 10h15 , 22h50

vendredi 2 janvier 2004

Chaîne Histoire

Visiter le site pour les rediffusions

www.histoire.fr