Peur sur les cybercafés

La nouvelle tarification des télécommunications inquiète beaucoup les gérants des cybercafés. La hausse est prévue pour début novembre, le prix des connexions sera multiplié par deux.

 » C’est hors de portée des jeunes qui forment notre principale clientèle. Je ne vois pas qui pourra payer 120 dinars (1,20euro) par heure. C’est la meilleure façon de tuer Internet et les cybercafés en Algérie « , s’emporte Hamid, gérant d’un web café à Oran. En décidant de revoir à la hausse le prix de la communication téléphonique, le ministère des Télécommunications a déclenché une grande fronde chez les gérants de cybercafés qui s’inquiètent de l’avenir de leur entreprise.  » C’est carrément idiot comme mesure ! Si les autorités veulent interdire l’accès à Internet pour les jeunes, ils ne peuvent pas mieux s’y prendre. Dire que dans leurs discours, les responsables politiques n’arrêtent pas de parler de démocratisation des nouvelles technologies. C’est du vent !  » s’échauffe Mourad, propriétaire d’un cybercafé à Béjaia.

Le luxe et l’essentiel

Les 2 000 cybercafés algériens multiplient les initiatives pour baisser les prix des connexions. Actuellement, l’heure de connexion se chiffre entre 50 à 70 dinars. Le prix varie selon le standing du local qui va de l’espace luxueux au garage vite transformé en web café avec deux ou trois ordinateurs connectés. La colère se retrouve chez les providers qui ont, eux aussi, peur de voir leur chiffre d’affaire baisser dangereusement. Même le Cerist, pionnier et principal serveur public, tire la sonnette d’alarme.  » Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune note de service concernant l’augmentation des prix des connexions. Le marché est déjà saturé, si la nouvelle tarification entre en vigueur, nous serons obligés de revoir nos prix en conséquence « , se plaint le propriétaire de Sindbad.

Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement quant aux craintes des gérants mais maintiennent leur décision d’augmenter le prix des communications téléphoniques.

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