Paul Biya va modifier la Constitution du Cameroun

Le chef de l’Etat camerounais a annoncé le 31 décembre qu’il comptait modifier l’article 6 de la constitution pour supprimer la limite des mandats présidentiels. Paul Biya a justifié cette réforme en expliquant qu’il s’agissait d’un geste démocratique.

Le président camerounais, Paul Biya, s’est dit favorable, dans son message du Nouvel an, à la modification de la Constitution de son pays, notamment son article 6 qui limite à deux les mandats du chef de l’Etat.

Selon les dispositions actuelles de la Constitution du Cameroun, le président de la République est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois.

Pour le président camerounais, à la tête de son pays depuis le 6 novembre 1982 suite au retrait volontaire de Ahmadou Ahidjo, les arguments en faveur d’une révision de la Constitution ne manquent pas.

L’article 6.2, qui limite les mandats présidentiels à deux, constitue une limitation à la volonté populaire qui s’accorde mal avec l’idée même du choix démocratique, a estimé le président Biya dont le mandat expire en 2011.

“Nous allons donc, dans cet esprit, réexaminer les dispositions de notre Constitution qui mériteraient d’être harmonisées avec les avancées récentes de notre système démocratique afin de répondre aux attentes de la grande majorité de notre population”, a annoncé le chef de l’Etat camerounais.

Le président Paul Biya estime ainsi répondre aux nombreux appels de certains cadres et militants de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), qui sollicitent la révision de la Constitution, afin de faire sauter le verrou (l’article 6.2) qui limite le nombre de mandats à la présidence de la République.

D’après la Constitution du 18 janvier 1996, le président Paul Biya, qui a été élu en 1997 et réélu en 2004, ne devrait plus se représenter en 2011.

La modification de la Constitution, au centre d’une controverse depuis septembre 2004, s’était amplifiée au cours de ces deux derniers mois après le passage du président Biya à une émission de la chaîne française France 24.

Dans son interview, le président camerounais avait déclaré que la modification de la Constitution n’était pas à l’ordre du jour et ne faisait pas partie de ses priorités.

Pendant que certains cadres et militants du RDPC battent campagne pour la révision de la Constitution, l’opposition et la société civile camerounaises s’insurgent contre une telle éventualité.