Passion kung-fu

La médaille d’argent du kung-fu français est sénégalaise. L’entraîneur national du Sénégal, Samir Fawaz, s’est une fois de plus illustré lors de la Coupe de France, seule compétition à accepter des étrangers, dimanche dernier à Paris. L’athlète, qui s’entraîne tout seul au pays, espère populariser son art martial. Il vient d’ouvrir sa propre école à Dakar : Les Tigres du Nord. Interview.

Un Sénégalais médaillé d’argent à la Coupe de France 2002 de kung-fu. Samir Fawaz, est monté, dimanche dernier à Paris, sur la seconde place du podium de la seule compétition française de la discipline à accepter des étrangers en son sein. L’entraîneur national du Sénégal de Kung-fu wu shu, qui se perfectionne seul à Dakar en marge de son travail dans une usine de savon, s’impose une discipline d’acier pour progresser. Il a ouvert sa propre école de kung-fu : Les Tigres du Nord.

Afrik : Comment un Sénégalais peut-il gagner un titre national français ?

Samir Fawaz : Je suis de nationalité sénégalaise mais je suis affilié à un club français, le club de Daumesnil. Je fais les compétitions au nom du club. La Coupe de France est la seule compétition à accepter des étrangers. Je ne peux, en revanche, pas faire les Championnats de France. J’ai gagné la médaille d’argent en technique (boxe de culbute) mais ce n’est pas ma seule médaille en Coupe de France.

Afrik : Quels autres titres avez-vous déjà remportés ?

Samir Fawaz : Je participe à la Coupe de France depuis 1997. J’ai eu une médaille d’or en technique, une autre en combat, ainsi que la médaille d’argent en arme longue (bâton) en 2000. En 2001, je n’ai été éliminé en combat, l’année dernière, qu’en quart de finale, par l’actuel vice champion d’Europe 2002, Stéphane Attely.

Afrik : Vous vous entraînez au Sénégal ?

Samir Fawaz : Je m’entraîne seul au Sénégal. Cela demande beaucoup de travail et de discipline personnelle. C’est assez difficile, mais je n’ai pas le choix. C’est dommage que je ne vive pas en France. Je connais mon potentiel. Si j’étais encadré, je pourrais faire partie de l’équipe de France. Il m’est d’ailleurs arrivé de travailler avec l’entraîneur de l’équipe de France, Nouredine Zenati, que je remercie pour cela.

Afrik : Comment vous entraînez-vous au Sénégal ?

Samir Fawaz : Le kung-fu ne me fait pas vivre. La journée, je travaille dans une usine de savon. Quand je suis en pose déjeuner, j’en profite pour aller courir. J’entraîne également le soir après le travail de 17h à 20 h30 mais c’est à 21 h que commence mon propre entraînement, en combat et en technique. Il m’arrive de prendre des sparring-partners mais c’est assez rare.

Afrik : Vous êtes également entraîneur ?

Samir Fawaz : J’ai ouvert ma propre école de kung-fu il y a près de cinq mois : Les Tigres du Nord. J’ai près de 90 licenciés. Il y a entre 15 et 20 clubs au Sénégal mais le kung-fu reste une discipline méconnue, malgré les célèbres acteurs de cinéma tels que Bruce Lee, Jet Lee ou Jacky Chan. Le kung-fu n’est même pas une discipline olympique.

Afrik : Quelles sont vos ambitions sportives ?

Samir Fawaz : Faire le maximum pour emmener une délégation sénégalaise aux Championnats du monde.

Afrik : En tant que champion, êtes-vous sponsorisé ?

Samir Fawaz : Le kung-fu n’est pas comme la boxe ou le football. J’ai beaucoup de mal à trouver des sponsors. Pour la Coupe de France, j’ai tout payé de ma poche. Et ça revient assez cher. Mais je vais essayer de trouver un sponsor pour la Coupe de France inter-région le 7 et 8 février à Paris.

Afrik : Que faites-vous au Sénégal pour populariser le kung-fu ?

Samir Fawaz : Il m’arrive de faire des démonstrations dans les boîtes de nuits. Et je prépare, pour le 25 janvier prochain, un spectacle avec mes élèves au Casino Terrou-Bi (hôtel de Dakar) pour présenter mon école. Ça va être explosif.

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