Paris brûle-t-il ? Un nouvel incendie endeuille la communauté africaine

Un nouvel incendie a mobilisé une centaine de pompiers parisiens dans la nuit du 29 au 30 août 2005, dans le 3ème arrondissement de la capitale. Le bilan provisoire fait état de 7 morts et de 13 blessés. Une nouvelle fois, les habitants étaient d’origine africaine…

Sept morts, dont 4 enfants, et 13 blessés. La série noire continue pour les Africains qui habitent, dans des conditions souvent précaires, dans la capitale française. Dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 août, c’est une douzaine de familles originaires du continent africain qui ont mortellement été frappées par un incendie, dans un immeuble délabré au 8 rue du Roi Doré dans le 3ème arrondissement de Paris, en lisière du quartier historique du Marais.

Une nouvelle fois, c’est la vétusté des lieux, apparemment squattés, qui semble responsable du drame : le feu s’est déclaré dans la cage d’escaliers, à hauteur du premier étage, et s’est très vite propagé aux étages supérieurs. L’immeuble, plus que centenaire, n’en compte que 5. Certains habitants des étages supérieurs, pris au piège des flammes et de la fumée, ont tenté de sauver leur vie en sautant par les fenêtres. C’est parmi eux que l’on dénombre les trois blessés graves qui ont été hospitalisés par les premiers secours arrivés sur place.

Un immeuble « signalé depuis plusieurs années »

Une centaine de pompiers et une trentaine de véhicules armés de lances anti-incendie ont rapidement circonscrit le sinistre et mis hors de danger les maisons voisines. Le Maire du 3ème arrondissement de Paris, Pierre Aidenbaum, rapidement sur les lieux, a précisé aux journalistes présents que cet immeuble, « signalé depuis plusieurs années pour ses conditions de vie inadmissibles », avait été racheté il y a quelques mois par la Ville de Paris afin d’être réhabilité.

Après l’incendie de l’hôtel Paris Opéra qui avait fait 24 morts en avril dernier et celui d’un immeuble du 13e arrondissement, le 26 août dernier, où 17 ressortissants africains avaient péri par les flammes, ce drame, dont les causes exactes ne sont pas encore expliquées, sème soudain l’angoisse dans la communauté africaine de Paris. La récurrence des incendies est-elle le fait du hasard ? Faut-il y voir une intention criminelle ? Un enquête approfondie s’impose.