Ouganda : réélu une cinquième fois, Musevini déjà à la traque des opposants

A peine le Président Ouganda Yoweri Musevini a été réélu pour un cinquième mandat le 18 février avec 60,8% des voix contre 35,4% pour son principal opposant Kizza Besigye, qu’il est déjà à la traque de l’opposition. Kizza Besigye a été interpellé ce lundi, pour la quatrième fois en huit jours.

C’est à se demander si le chef de file de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye, aura un jour du répit. Il a été interpellé ce lundi, pour la quatrième fois en huit jours ! A peine réélu, le 18 février avec 60,8% des voix contre 35,4% pour Kizza Besigye, que Yoweri Musevini au pouvoir depuis 1986, a décidé de traquer ses opposants.
Kizza Besigye tout comme d’autres opposants ont, en effet, jugé le résultat frauduleux, et la mission d’observateurs de l’Union Européenne a pointé le manque de transparence du scrutin, qui s’est déroulée, selon elle, dans un « climat d’intimidation ».

La plice a justifié l’arrestation de Kizza Besigye en arguant qu’il avait mobilisé un groupe de jeunes pour s’emparer de la Commission électorale, soulignant qu’il prévoyait de provoquer des violences dans la capitale Kampala.

Le Président a donné le ton dès dimanche dans un discours télévisé retransmis depuis son ranch familial dans l’ouest du pays. Il s’est dit « très content des Ougandais qui ont voté massivement », critiquant les dirigeants de l’opposition qui « ne sont pas des dirigeants mais des démagogues, des menteurs, qui parlent, parlent ».

Le chef de l’Etat a aussi rejeté les critiques concernant la Commission électorale, dont l’impartialité a été mise en cause par les observateurs de l’Union européenne et du Commonwealth, et sur des « irrégularités » dans le scrutin évoquées par les États-Unis. Selon Washington, l’élection n’était « pas du tout en adéquation avec les standards internationaux et les attentes en matière de processus démocratique ». « Je n’ai de leçon à recevoir de personne. Ces Européens ne sont pas sérieux », a-t-il déclaré. Il a écarté les accusations de fraude en affirmant que si elles étaient vraies, il aurait été déclaré vainqueur à Kampala, alors que la capitale est réputée acquise à l’opposition. « Pourquoi avons-nous accepté de perdre là où nous pouvions frauder ? C’est bidon », a-t-il estimé.

Selon lui, « nous utiliserons la manière douce et la manière forte pour maintenir la paix en Ouganda. Par manière douce je veux dire parler à la jeunesse, que ces hommes politiques criminels tentent d’utiliser. Mais on peut aussi utiliser la manière forte mais non-létale pour s’occuper des trouble-fêtes ». Après avoir passé 30 ans au pouvoir, Yoweri Musevini n’est pas prêt de lâcher du lest encore moins de partager son fauteuil.