Ouganda : le numéro deux des rebelles rejoint un camp du Sud-Soudan

Le numéro deux de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), Vincent Otti, est arrivé dans un camp de rassemblement du Sud-Soudan, comme le prévoyait l’accord de cessez-le-feu signé le 29 août dernier. Environ 400 combattants se seraient par ailleurs rendus dans les deux camps de la région autonome prévus à cet effet. Les négociations de paix s’achevaient officiellement ce lundi entre le gouvernement ougandais et la LRA, mais la date butoir pourrait être repoussée.

Vincent Otti dans le camp de Rii-Kwangba. Le numéro deux des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur s’est rendu dans ce point de rassemblement du Sud-Soudan comme le stipulait l’accord de cessez-le-feu historique, et respecté depuis, signé le 29 août dernier. Cette annonce a été faite par le médiateur des pourparlers inter-ougandais, le Dr Riek Machar, par ailleurs Vice-président de la région autonome du Sud-Soudan. La BBC rapporte que quelque 400 dissidents arrivant du Nord de l’Ouganda ont rejoint le camp d’Owiny-Kibul et que d’autres, partis de République démocratique du Congo, se sont rendus à celui de Rii-Kwangba.

Le chef de la LRA, Joseph Kony aurait aussi quitté sa cachette dans le Parc National Garamba en République démocratique du Congo. Il serait à « peut-être un kilomètre » derrière Vincent Otti, d’après le Dr Riek Machar. Ces mouvements interviennent alors que Vincent Otti avait déclaré que les rebelles ne se rendraient pas tant que la Cour pénale internationale de la Haye (Pays-Bas) n’aurait pas levé les mandats d’arrêt internationaux qui courent contre lui, Joseph Kony, Dominic Ongwen, Okot Odhiambo et Raska Lukwiya. Ce que l’instance judiciaire refuse. Même si le sous-secrétaire général pour les affaires humanitaires des Nations Unies, Jan Egeland, actuellement au Sud-Soudan, a expliqué que les inculpations seraient conservées mais qu’il était possible d’envisager une forme de justice traditionnelle.

La date butoir repoussée ?

Confiant en la paix, le responsable onusien a expliqué être optimiste quant à la paix en Ouganda. « Il y a un cessez-le-feu effectif pour la première fois. (…) Je pense que nous voyons le commencement de la fin du conflit le plus terrible de sa génération », avait-il indiqué, selon les propos rapportés par le quotidien ougandais New Vision. Les rebelles ont toutefois accusé le gouvernement de Kampala, deux fois la semaine dernière, de violer l’accord de cessez-le-feu parce qu’ils avaient inclus dans leur délégation des victimes présumées des dissidents ougandais.

L’accord de paix n’est pas encore finalisé. Les négociations qui se déroulent à Juba (Sud Soudan) se terminent ce mardi, selon la date butoir fixée par le Président Yoweri Museveni. Mais le ministre des Affaires Internes Ruhakana Rugunda, qui préside la délégation gouvernementale aux pourparlers, a laissé entendre lundi que la limite pourrait être repoussée avant l’expiration. La guerre a fait des dizaines de milliers de morts et fait entre un et deux millions de déplacés.