Otages du Sahel : AQMI réclame le départ de la France d’Afghanistan

Les quatre Français enlevés au Niger demandent à Nicolas Sarkozy de retirer les troupes françaises d’Afghanistan dans un enregistrement sonore accompagné de photos. En réponse, le porte-parole du gouvernement a déclaré que l’Etat français ne se faisait pas « dicter (sa)politique étrangère sous quelque forme que ce soit ».

Les quatre otages Français dans le Sahel seraient donc toujours en vie. L’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a diffusé mardi un enregistrement dans lequel ils se présentent l’un après l’autre avant de « supplier le président de la République française Nicolas Sarkozy de répondre favorablement à la demande d’al-Qaida de retirer les troupes françaises d’Afghanistan, parce que les Français n’ont vraiment aucun intérêt dans la guerre en Afghanistan ».

La bande sonore dure 3 minutes 36 secondes. Elle est précédée d’une séquences d’images filmées d’un bivouac de combattants d’AQMI sur fond de chants religieux en arabe. Cette nouvelle vidéo a été repérée sur Internet par le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE). Elle est disponible depuis ce mercredi sur les sites d’information et les chaînes françaises en ont déjà diffusé quelques extraits en floutant les visages des otages.

Les enregistrements auraient été effectués les 11, 12 et 13 avril, selon les déclarations des otages. Des enregistrements séparés, avec des arrières-plan différents, laissent supposer que les otages ne sont pas réunis au même endroit. Ils avaient effectivement été dispersés en janvier, semble-t-il, pour empêcher toute tentative de récupération par une action militaire comme cela avait été le cas pour les des deux otages français, Vincent Delory et Antoine de Léocour au Niger le 8 janvier dernier. Ils avaient été capturés par AQMI et tués au cours de l’opération de récupération.

Refus de négociations politiques

La direction d’Aréva, l’entreprise pour laquelle les quatre otages travaillaient au moment de leur enlèvement se refuse à tout commentaire. Du côté de l’État français, Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes a été le premier à réagir dans la matinale de RMC. Il a affirmé que ce ne sont pas des preneurs d’otages qui dictent la politique étrangère étrangère de la France.

Plus tard dans la journée, le porte-parole du gouvernement français François Baroin, a assuré que « la France met tout en œuvre pour libérer nos otages ». Il a cependant refusé de répondre à une question sur l’existence de « contacts » avec les ravisseurs. « Vous comprendrez aisément que nous soyons prudent dans l’expression publique et déterminé dans la façon dont nous pouvons libérer les otages », a-t-il argué.

Un chantage ancien

La revendication relative au départ de l’armée française d’Afghanistan est une exigence ancienne. Oussama Ben Laden, chef de l’organisation terroriste internationale al-Qaïda, l’avait déjà formulée à deux reprises dans des messages directs adressés à la France. Le dernier date de janvier. Quelques mois plus tôt, en novembre, dans un autre enregistrement diffusé sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, le chef d’Aqmi, avait lui aussi déclaré : «(Si vous) voulez que vos citoyens qui sont prisonniers chez nous soient sains et saufs, alors vous devez vous dépêcher et retirer vos soldats d’Afghanistan selon un calendrier précis que vous rendrez public. »

En octobre, Ben Laden avait également averti que la France ne connaîtrait pas la sécurité tant qu’elle ne mettrait pas un terme à «ses injustices» à l’égard des musulmans, évoquant notamment la loi interdisant le voile intégral dans l’espace public.

Sept français sont toujours retenus en otage à travers le monde. Quatre au Niger, un en Somalie et deux en Afghanistan. Les journalistes de France Télévisions, Hervé Ghuesquière et Stéphane Taponier, sont retenus dans ce pays depuis 484 jours.