OPEP : la position africaine triomphe au sommet de Caracas

Les pays de l’OPEP sont favorables à un dialogue ferme avec les Occidentaux. Objectif : un plafond garanti par l’ensemble des partenaires.

D’accord pour le dialogue, mais sur le mode gagnant-gagnant. Telle sera la position de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) réunis à Caracas, vis-à-vis des pays consommateurs.

Une ligne modérée mais ferme, tenue par les pays africains du cartel, l’Algérie en tête, à laquelle le président en exercice vénézuélien, Ali Rodriguez, a toujours apporté son soutien.

Autrement dit : d’accord pour augmenter la production du brut, mais pas question de porter le chapeau de la crise pétrolière qui secoue l’Europe, depuis que le cours du baril a triplé. Pour le ministre de l’Energie et des Mines algérien, M Chakib Khelil, les pays de l’Union européenne, en menant une politique de taxes de  » 50 à 70%  » des prix de l’essence à la pompe, sont les premiers responsables de la crise. Même son de cloche du côté du secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Rilwanu Lukman, qui s’est déclaré  » surpris par la décision des pays de l’Union européenne de ne pas baisser les impôts pour alléger les prix  » des dérivés du brut.  » Nous ne les accusons pas, ce sont leurs propres citoyens qui se plaignent « , a-t-il commenté.

Tout sauf le yo-yo

Dès lors que la mise au point est faite,  » rien, absolument rien ne s’oppose à un dialogue entre l’OPEP et le G8 « , regroupant les sept pays les plus industrialisés et la Russie, a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika.

La porte du dialogue reste grande ouverte car c’est moins la crainte d’une baisse des cours que leur effondrement que redoutent les pays membres de l’organisation. Leur réel soucis : la stabilisation du prix du brut dans une fourchette allant de 22 à 28 dollars le baril, garantie (si possible de façon contractuelle) par l’OPEP et les gouvernements du G8. Une crainte que symbolisent à merveille les déclarations d’un délégué du Nigeria, cité par le quotidien français, Le Monde :  » Personne ne s’apitoyait sur notre sort lorsque le prix du baril est tombé en dessous de 10 dollars « . CQFD.