ONU : Kabila accuse le Rwanda « d’agressions sans fin »

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabange n’est pas tendre avec le Rwanda. Devant la tribune de la 68e Assemblée générale des Nations Unies, il a dénoncé « les agressions sans fin » de son voisin le Rwanda, dans l’est de la RDC.

Présent pour la 68e Assemblée générale de l’ONU à New York, le Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila n’y va pas par quatre chemins pour qualifier l’attitude de son voisin, le Rwanda, face à la situation dramatique qui sévit dans l’est de son pays. Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Kabila a affiché sa fermeté à l’encontre du Rwanda, coupable selon-lui d’actes de barbaries dans l’est de la RDC. Allant jusqu’à qualifier cette situation de « double réalité souvent méconnue ou occultée » par l’opinion publique. Pourtant, le Président Kabila s’est montré conciliant. « C’est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des réfugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l’Est de mon pays sont privées de la paix », a-t-il lancé, remettant la faute à son homologue rwandais, Paul Kagame.

Pour le respect de l’«accord-cadre »

Pendant son discours devant les représentants des différents pays, Kabila s’est interrogé sur la capacité des droits internationaux et régionaux à régler les litiges. « Il y a lieu de se demander ce qui resterait du droit international humanitaire si accueillir des réfugiés en détresse, acte humanitaire par excellence, devait désormais être considéré suffisant pour justifier des agressions sans fin de la part du pays dont les dits réfugiés sont originaires », a-t-il lancé.
Par ailleurs, Kabila a affiché la « détermination » de la part de la RDC à « s’acquitter de tous les engagements souscrits » dans le cadre de l’Accord-cadre signé à Addis-Abeba (Ethiopie). Lors de cet accord, les deux pays voisins se sont engagés à ne soutenir aucun groupe armé dans l’est de la RDC, pour soutenir la réconciliation nationale et la démocratisation de Kinshasa. Il s’agit de « l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité, et la coopération pour la RDC et la région », signé en février dernier.

En effet, le Nord-Kivu est en proie à des violences perpétrées par des groupes armés, dont le Mouvement du 23 mars (M23). L’ONU soutient de ce fait la RDC, et accuse le Rwanda et l’Ouganda d’être à l’origine des troubles qui ravagent l’est de la RDC. Mais les deux pays démentent formellement ces accusations.