Nouvelles du Front Sud

Comment la Royal Air Maroc arrive à gagner de l’argent sur le dos des techniciens en grève… Comment l’on s’apprête à fêter en Zambie l’arrivée de Livingstone aux chutes Victoria… Et comment le surnom du Président equato-guinéen ressemble de plus en plus à une farce de mauvais goût!

Quand la grève rapporte…
Le patron de la Royal Air Maroc, aux prises avec un long conflit social, qui a mis 400 employés de la compagnie (essentiellement affectés aux fonctions de maintenance des appareils) en grève pendant plus de 4 mois… a dû se « résoudre » à délocaliser les travaux de maintenance des appareils à… Perpignan (France). Résultat, un surcoût phénoménal ? Au contraire : « nos charges de maintenance à l’étranger ont certes augmenté de 1,2 à 2 MDH par mois… Mais notre masse salariale a également baissé de 9 MDH en raison de ces mêmes grèves. » confesse-t-il à l’hebdomadaire marocain « La Vie Eco » du 21 octobre 2005. On s’étonne moins dans ces conditions que le patron de la RAM ne soit pas pressé de négocier avec les syndicats !

Livingstone en reconstitution
Le 16 novembre 2005, près de la petite ville de Livingstone, située à 10 kilomètres des chutes Victoria où le Zambèze bascule de 110 mètres pour filer vers l’Océan Indien, l’arrière petit-fils de David Livingstone assistera à la reconstitution de l’arrivée de son bisaïeul aux Chutes Victoria… Suivie de l’inauguration d’une plaque commémorative sur Linvingstone Island. Evidemment, on ne dit plus tout à fait la même chose qu’avant les Indépendances : on n’explique plus aux jeunes Zambiens et Zimbabwéens que les chutes furent découvertes par Livingstone -alors même que leurs ancêtres n’avaient jamais cessé de vivre sur les berges opposées du Zambèze. On dit, plus pudiquement, que c’est le premier blanc à les avoir vues. Il n’empêche que la célébration de l’anniversaire de son arrivée paraît comme une réjouissance d’un autre temps. Comme si certains avaient du mal à changer leurs habitudes…

L’exemplaire T.-Obiang Nguema Mbasogo
26 ans de présidence, cela commence à ressembler à une dictature ! Et il ressemble de plus en plus à un trait d’humour noir, le surnom « El Libertador », porté par le Président équato-guinéen, T.-Obiang Nguema Mbasogo. Depuis que la Guinée équatoriale est devenue le 3ème exportateur de pétrole d’Afrique noire, ce petit pays apparaît comme l’un des plus riches du continent. Pas pour tous, puisque malgré les recettes pétrolières, le peuple y meurt encore de faim : la moitié des enfants de moins de 5 ans y souffrent de malnutrition ! Difficile pourtant de remettre en cause localement les agissements du clan présidentiel : Le Figaro Magazine du 29 octobre 2005 précise que même l’Ambassadeur des Etats-Unis a reçu des menaces de mort après avoir dénoncé les malversations du Président. Violations des droits de l’homme, assassinats d’opposants, la richesse n’a pas semblé assouplir le régime… Au contraire ! Comme quoi il n’est pas vrai que ce soit l’aisance qui pousse à la générosité. Le partage n’est pas naturel au puissant, il doit lui être imposé ! L’exemplaire « Libertador » m’en voudra probablement de lui dire cela, mais « l’humour noir », en Afrique, c’est notre clairvoyance de noirs face à nos dirigeants.