Nouakchott rejette l’ultimatum de l’Union Africaine

Les nouvelles autorités mauritaniennes ont rejeté l’ultimatum de l’Union Africaine qui leur a donné jusqu’au 6 octobre prochain pour libérer le président déchu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, et pour rétablir l’ordre constitutionnel.

La position de l’Union Africaine « n’est pas constructive et ne sert pas les intérêts de la Mauritanie », a estimé dans une déclaration publiée samedi à Nouakchott, le président du Haut Conseil d’Etat (HCE), le général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui visitait un hôpital.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de (CPS) de l’UA a lancé cet ultimatum aux nouvelles autorités de Nouakchott le 22 septembre dernier, à l’occasion d’une réunion tenue à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’Union Africaine se dit fortement préoccupée par l’absence de volonté des militaires de rendre rapidement le pouvoir en Mauritanie, malgré les efforts déployés, notamment plusieurs missions dépêchées sur place, et la visite du président de la Commission de l’union et d’autres émissaires.

La Mauritanie et l’Union Européenne (UE) entameront des consultations sur la base de l’article 96 des accords de Cotonou organisant les rapports entre les pays d’Afrique, des Caraibes et du Pacifique (ACP) et Union Européenne (UE) à partir du 15 octobre prochain.

Le régime du président Abdallahi a été renversé le 6 août dernier et remplacé par un Haut Conseil d’Etat (HCE), rappelle-t-on. Le coup d’Etat a divisé l’opinion intérieure, alors qu’il a été fermement condamné par la communauté internationale.

Le gouvernement a annoncé la tenue, pour début octobre, de journées nationales de concertations pour faire les états généraux de la démocratie. Les députés favorables au putsch, qui sont majoritaires, ont adopté il y a une quinzaine de jours une feuille de route pour le retour à un ordre constitutionnel normal dont l’épilogue doit être une nouvelle élection présidentielle excluant les militaires.