Nord-Mali : Ansar Dine s’oppose à l’intervention militaire

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé, ce dimanche à Abuja, la capitale du Nigeria, d’envoyer 3 300 soldats dans le Nord-Mali pour y déloger les islamistes, notamment ceux affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui contrôlent cette zone depuis plus de sept mois maintenant. Une décision qui déplait à Ansar Dine, le groupe de Touaregs pro-charia, qui dénonce une « erreur historique », un « parti pris contre une partie des populations du Mali ».

Le dispositif armé opérationnel de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) fait jaser. Comme voulu par l’ONU, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, réunie ce dimanche à Abuja, la capitale du Nigeria, est parvenue à rassembler 3 300 soldats qui devront être envoyés dans le Nord-Mali pour y déloger les islamistes, notamment ceux affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui contrôlent cette zone depuis plus de sept mois maintenant. Le groupe de Touaregs pro-charia (loi islamique) Ansar Dine, qui négocie ces dernières semaines avec la médiation burkinabè, dénonce une décision à risques.

« La décision des chefs d’Etats africains, poussés par la France, constitue un mauvais choix et un partis pris contre une partie des populations du Mali », a déclaré à Sahara Médias lyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine. Et de dénoncer une « erreur historique », avant d’avertir qu’une intervention militaire au Nord-Mali pourrait nuire à « tous les peuples de la région ».

Une décision surprenante

La Cedeao a accentué, ces dernières semaines, ses négociations avec Ansar Dine. Des responsables du groupe islamiste ont été reçus il y a une semaine à Ouagadougou, au Burkina Faso, par Djibril Bassolé, le chef de la médiation burkinabè. L’objectif est de convaincre Ançar Dine de rompre ses liens avec Aqmi, auteur de multiples assassinats et d’enlèvements d’occidentaux, et avec le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ces tractations étaient en bonne voie. D’où l’incompréhension de l’état-major du groupe de Touaregs pro-charia. « Il avait donné des gages juste avant le sommet (de Abuja, ndlr) en appelant au dialogue avec les autres groupes armés et Bamako, et en proclamant son rejet du terrorisme », assure Africaguinee.com.

Même si certains pays africains -plus particulièrement ceux qui sont limitrophes au Mali comme l’Algérie et la Mauritanie- ont manifesté leurs réserves quant à cette intervention militaire annoncée, l’ordre de bataille de la Cedeao semble irrévocable, en jugeant le conflit armé « indispensable contre les réseaux terroristes et de criminalité transnationale ».

Mais, c’est l’ONU qui aura le dernier mot. Les Nations Unies avaient, le vendredi 12 octobre, autorisé les autorités africaines de mettre en place un dispositif armé opérationnel en vue d’une intervention militaire au Nord-Mali. Ce qui est désormais fait. Reste maintenant au Conseil de Sécurité de l’ONU à mettre en place son aval pour lancer les hostilités.