Nord-Mali : Abdou Diouf approuve la guerre et s’oppose à la négociation

Invité dans l’émission « International », diffusé sur TV5
et RFI, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, a sans détour approuvé l’intervention militaire au Nord-Mali pour y déloger les islamistes qui occupent la région depuis maintenant six mois. Opposé à toute négociation, il plaide pour une intervention immédiate, craignant que les terroristes envahissent le Sud-Mali.

Seule l’intervention militaire peut régler la crise malienne. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), plaide pour une intervention militaire rapide pour déloger les islamistes qui occupent depuis six mois maintenant le Nord-Mali. Selon lui, si les opérations ne sont pas immédiatement lancées, les terroristes, affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pourraient également envahir le Sud-Mali.

« Je considère qu’il n’y pas d’alternative et qu’il faut que tout le monde s’y mette. Il ne faut pas qu’on soit tiède dans cette affaire-là, parce que si on laisse ce cancer se développer, ça va toucher non seulement le Sahel, (mais) le monde entier. C’est une menace grave à la paix et à la sécurité internationale », a déclaré Abdou Diouf, lors de l’émission « International », diffusé sur TV5 et RFI. Et de tirer la sonnette d’alarme : « Si le Mali ne retrouve pas son unité, je crains même qu’à ce moment-là, ceux qui sont au Nord – et c’est leur volonté -, ne descendent au Sud. Je crois qu’il faut agir et il faut agir avec beaucoup d’énergie, beaucoup de volonté. Il faut prendre ses responsabilités dans une situation comme celle-là. Elle est extrêmement grave et vraiment je crains le pire », a prévenu le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La Cedeao, l’Etat malien et la France

L’accord trouvé dimanche 23 septembre entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et Bamako a débloqué la situation. Les autorités maliennes ont enfin accepté que les « forces militaires combattantes » de l’organisation ouest-africaine se déploient dans la capitale malienne. En revanche, l’ONU a déjà réclamé au Mali et à la Cedeao des précisions sur les modalités d’une intervention aux contours encore très flous. Et Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, préconise que « toute solution militaire pour résoudre la crise sécuritaire au Nord-Mali (soit) envisagée avec extrême prudence ».

De la prudence qui ne fait pas écho dans les oreilles du président français. « Je sais qu’il peut y avoir une tentation de mener des négociations », a souligné François Hollande mercredi 26 septembre à New-York lors de la réunion sur le Sahel. « Négocier avec des groupes terroristes, il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes », a insisté le président français qui assure que « La France soutient pleinement » l’intervention militaire au Nord-Mali.

Même son de cloche du côté de Abdou Diouf. A entendre le secrétaire général de l’OIF, « La seule façon de régler ce problème, c’est de le régler militairement ». Pour ce faire, il préconise « que la Cedeao soit en première ligne avec l’Etat malien bien entendu mais également toute la communauté internationale (France, Algérie, Tchad, etc. ndlr) ».

Deux problèmes s’opposent aux partisans d’une intervention militaire au Nord-Mali, d’une part l’ONU ne validera pas une résolution favorable avant une nouvelle réunion du Conseil de sécurité dont la date reste inconnue, et de l’autre, le haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom), Carter Ham, a plaidé ce dimanche à Alger pour une solution « politique » à la crise malienne. La guerre est, donc, loin d’être déclarée. Pendant ce temps, les lapidations et amputations, infligées par les islamistes aux populations, gangrènent le Nord-Mali.

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