Nigeria : une fusillade fait 35 morts

L’armée nigériane a fait au moins 35 morts, ripostant à un attentat à la bombe à Maiduguri dans le Nord-Est du pays.

Selon l’agence de presse Reuters, au moins 35 personnes ont été tuées lundi 8 octobre lorsque des soldats nigérians ont ouvert le feu après avoir été visés par un attentat à la bombe à Maiduguri. Trente des personnes tuées étaient des civils et 5 autres des militaires. Du coté de l’administration, le porte-parole pour la sécurité de l’Etat de Borno, Sagir Musa, n’a pas confirmé ce bilan mais ne l’a pas non plus démenti. Mais il tout de même reconnu que les militaires avaient ouvert le feu après l’explosion d’une bombe au passage d’une patrouille de l’armée qui a fait deux blessés dans ses rangs. L’armée publiera un communiqué mercredi matin, a-t-il ajouté.

Après l’attaque à la bombe perpétrée par des islamistes de Boko Haram qui a fait deux victimes du coté de l’armée, très tôt lundi 9 octobre, des troupes ont envahi la ville pour traquer les auteurs. Les soldats ont incendié des habitations et des commerces, ont indiqué des habitants de Maiduguri. Selon des témoins interrogés par l’AFP, « les soldats ont d’abord frappé les gens avec des fouets et les crosses de leurs fusils , ils ont également molesté les habitants », confient-ils. « Mais ensuite, ils ont commencé à les abattre et ont mis le feu aux maisons et aux commerces », a-t-il ajouté, évoquant un bilan d’une trentaine de morts. Ces violences ont entraîné la fermeture du marché de Gamboru, selon des témoins. La ville de Maiduguri est considérée comme le fief du groupe islamiste Boko Haram, accusé d’avoir tué plus de 1 400 personnes depuis 2010, dans le Nord et le centre du Nigeria.

Lundi 2 octobre, au moins 40 étudiants ont été tués près d’un campus universitaire de Mubi, dans le Nord-Est du Nigeria. Certaines victimes de l’attaque avaient été tuées par balles et d’autres ont été poignardées à l’extérieur de l’université polytechnique fédérale de Mubi, avait déclaré un responsable des secours. Cette autre attaque avait été attribuée à la secte islamiste Boko Haram. Le chef de la secte, Abubakar Shekau, qui s’inspire des talibans afghans, veut imposer la loi islamique, la charia. Sur les 160 millions de Nigérians, la moitié sont chrétiens et l’autre musulmans.