Nigeria : que faire de l’argent du pétrole ?

La hausse du prix du baril amène des ressources supplémentaires au budget du gouvernement fédéral d’Abuja. L’utilisation de cette cagnotte est le sujet d’un débat.

L’administration dirigée par le président Olusegun Obasanjo est-elle chanceuse ? Non, si l’on pense aux troubles religieux qui continuent d’agiter le Nigeria et aux velléités de sécession de certaines provinces qui refont surface. Peut-être, si l’on se réfère au budget 2000 du gouvernement fédéral, prévu à l’équilibre avec un pétrole à 20 dollars US le baril, et qui jouit d’un or noir dont le prix de vente oscille plutôt entre 28 et 30 $.

Mais peut-être seulement. Premier exportateur de brut du continent, le Nigeria n’a jamais vraiment profité de la manne pétrolière ; et les Nigérians encore moins, est-on tenté d’ajouter. L’accroissement subit de la manne est donc avant tout le sujet d’un débat qui s’avère houleux.

Contre la déréglementation

Alhaji Mohammed-Kumalia, président du groupe parlementaire du Parti de Tout le Peuple (APP), vient d’ouvrir les hostilités en exigeant du gouvernement que les ressources supplémentaires ne soient pas gaspillées. Selon lui, la hausse temporaire du cours du pétrole doit être affectée à un effort exceptionnel d’amélioration des infrastructures, ainsi qu’au combat contre la pauvreté.

Kumalia presse d’abord l’Etat fédéral de moderniser les raffineries et les installations de production d’énergie, plutôt que de poursuivre la déréglementation de l’activité pétrolière. Présenté comme un moyen de décourager les exportations frauduleuses, le retrait de l’Etat du secteur pétrolier, pense le député, provoquera une inflation désastreuse pour le niveau de vie des citoyens. Par ailleurs, la déréglementation annulerait, affirme Kumalia, les effets d’une politique volontaire de l’Etat en faveur de la suppression de la pauvreté.