Nigeria : le Président Goodluck Jonathan seul contre tous

Le Président nigérian Goodluck Jonathan a perdu mercredi sa majorité après la défection de 37 députés de son parti, qui ont décidé de rejoindre la coalition d’opposition : le Congrès des progressistes (APC).

C’est un coup extrêmement dur pour le Président nigérian Goodluck Jonathan. Il a perdu mercredi la majorité à l’Assemblée nationale, après que 37 députés de son parti, le Parti démocratique populaire (PDP), aient décidé de rejoindre la coalition d’opposition : le Congrès des progressistes (APC). Ceux qui ont fait défection ont justifié leur choix en évoquant « des divisions au sein du parti présidentiel ».

De son côté, le pouvoir riposte en désignant les dissidents comme des fauteurs de troubles, tentant également de minimiser la coalition d’opposition que ces derniers ont rejoint. En tous cas, une chose est sûr, les conséquences de cette situation seront sans doutes lourdes pour Goodluck Jonathan, même s’il pourra continuer à gouverner le pays, étant donné que le régime politique au Nigeria est présidentiel. Mais il est néanmoins très affaibli au sein de son propre parti, et va devoir faire des concessions à l’opposition.

Conséquences ?

Quelles seraient les conséquences concrètes d’une perte de majorité parlementaire pour le parti présidentiel, d’autant que cette situation ne s’est pas produite au Nigeria depuis plusieurs décennies ? Selon Dapo Thomas, professeur de sciences politiques à l’Université de Lagos, qui s’est confié à l’AFP, c’est d’abord l’image du PDP, en tant que leader naturel du pays, qui est affaiblie. Selon lui, « ces défections vont secouer le PDP à la base, jusque dans ses racines ».

Le professeur Laja Oduka, qui enseigne dans le même département à l’université de Lagos, note pour sa part que l’opposition peut maintenant « utiliser la chambre basse du parlement pour tourmenter le PDP et peut même aller jusqu’à déclencher une procédure de destitution du Président. Nous allons certainement assister à un rééquilibrage du pouvoir au niveau national ». Pas sûr que Goodluck Jonathan l’entende de cette oreille.