Nigeria : la société pétrolière nationale investit à l’étranger

La NNPC acquiert des parts dans une raffinerie canadienne et multiplie les partenariats. L’objectif est de mieux maîtriser les différents métiers de la filière.

Après ses concurrentes brésiliennes (Petrobras), norvégiennes (Statoil) ou mexicaines (Pemex), la Société nationale nigériane du pétrole (Nigerian national petroleum corporation, NNPC) entreprend de faire la preuve qu’une grande entreprise publique pétrolière appartenant à un Etat producteur peut investir avec succès dans l’économie du secteur des hydrocarbures. La NNPC prend une participation majoritaire dans la raffinerie canadienne North Atlantic Refinery et approfondit de nombreux autres accords internationaux.

 » Malheureusement, nous aurions dû le faire depuis longtemps « , expliquait ce week-end Jackson Gaius-Obaseki, PDG de la NNPC au Guardian de Lagos :  » Mais jusqu’à présent, la volonté manquait de la part de l’entreprise, et surtout de la part des anciens gouvernements.  » M. Gaius-Obaseki attend désormais que le pouvoir fédéral lui permette de mener son entreprise  » de façon professionnelle  » .

Un fleuron canadien

A la fin des années 80, la NNPC avait déjà tenté d’investir dans des forages pétroliers offshore. A l’époque, des contacts avaient été noués avec la société italienne Agip. La reprise de ces contacts vient d’aboutir à la signature d’accords d’exploitation en commun dans plusieurs pays – non précisés à ce jour. D’autres intérêts ont été investis au Kenya et au Venezuela.

Mais le principal effort porte sur l’acquisition de North Atlantic Refinery. Ce fleuron de la tradition pétrolière canadienne est installé dans les plus grands docks d’Amérique du Nord, au Sud-ouest de Terre-Neuve. La société, qui s’est spécialisée dans l’exportation de ses produits, dispose d’un accès remarquable au marché américain grâce aux accords douaniers entre les Etats-Unis et le Canada.