Nigeria : deuil national après le crash de samedi

Le Boeing 737 de Bellview Airlines a décollé samedi à 19h50 locales, de Lagos, en direction d’Abuja. Quelques minutes plus tard, il disparaissait des écrans de contrôles et s’écrasait à une trentaine de kilomètres au Nord de Lagos. Bilan : 117 morts. Le Président Obasanjo a qualifié l’accident de « catastrophe nationale » et décrété 3 jours de deuil national.

Il n’y a aucun survivant de l’accident d’avion qui a eu lieu samedi soir au Nigeria. Les 111 passagers et les 6 membres d’équipage du Boeing 737 de la compagnie aérienne Bellview ont trouvé la mort lorsque l’appareil s’est écrasé sur sa route vers Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, peu après son décollage de Lagos. Le Nigeria a décrété trois jours de deuil national à partir de lundi 24 octobre, « pendant lesquels les drapeaux seront en berne dans tout le pays en signe de respect et d’hommage à tous ceux qui ont perdu la vie », précise un communiqué du gouvernement. Le Président Olusegun Obasanjo a qualifié l’accident de « catastrophe nationale » et annulé tous ses engagements pour lundi et mardi. Il a également appelé à « prier pour tous ceux qui étaient à bord de l’avion et leurs familles. »

Le crash a eu lieu à une trentaine de kilomètres au Nord de Lagos. « Nous nous sommes rendus sur les lieux de la catastrophe. C’est un terrible accident. Nous essayons de coordonner les secours. (…) Il y a des morceaux de corps partout. (…) C’est terrible, très tragique », a expliqué dimanche à l’AFP le secrétaire général de la Croix Rouge du Nigeria.

Premier accident en 10 ans

L’avion a décollé à 19h50 locales de Lagos. Selon une source de la présidence, le pilote a lancé un SOS après le décollage, indiquant que l’appareil avait un problème technique. Quelques minutes plus tard, il disparaissait des écrans radar. Selon la Pana, les pilotes auraient envoyé des signaux de détresse à la tour de contrôle après l’entrée de l’appareil dans une zone de tempête, quelques minutes après son décollage. Selon des responsables de l’Autorité fédérale des aéroports du Nigeria (Faan), des officiels du gouvernement nigérian figurent parmi les passagers. Le Président Obasanjo était samedi à Lagos pour donner le coup d’envoi de la foire commerciale de la Cedeao et inaugurer une usine de fabrication de médicaments, ce qui fait craindre que de nombreux hauts responsables du gouvernement qui l’accompagnaient pourraient se trouver à bord du vol, le dernier de la journée reliant habituellement Lagos à Abuja.

Les responsables de la Faan indiquent que la liste des passagers sera publiée après que les familles auront été informées. On sait d’ores et déjà que le général malien, Cheik Oumar Diarra, secrétaire exécutif adjoint de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), fait partie des victimes. Compagnie à capitaux privés, prisée des expatriés et des diplomates étrangers, Bellview Airlines est réputée pour l’entretien impeccable de ses appareils. Bellview, dont l’essentiel des activités est circonscrit dans la sous-région ouest-africaine, est l’une des compagnies aériennes locales les plus prospères. C’est son premier accident majeur depuis sa création, il y a 10 ans. Quant au Nigeria, il a déjà connu une catastrophe aérienne de cette ampleur en 2002. Plus de 140 personnes (passagers et habitants) avaient péri dans l’accident d’un avion de ligne qui s’était écrasé sur une banlieue de Kano, dans le Nord du pays.