Nigeria : des proches des lycéennes exigent qu’elles soient libérées sans conditions !

Des proches des lycéennes enlevées par le groupe terroriste Boko Haram ont exigé leur libération sans conditions, au lendemain où le président nigérian Goodluck Jonathan a exclu de libérer des prisonniers en échange de leur liberté.

Doit-on libérer des prisonniers pour obtenir la libération des 223 jeunes lycéennes enlevées par Boko Haram? Cette question est toujours en débat au Nigeria. Mais le Président nigérian Goodluck Jonathan a été plus clair mercredi, en affirmant qu’il refusait de libérer des prisonniers membres du groupe terroriste contre la liberté des jeunes filles. C’est la requête réclamée par Boko Haram. Elle est aussi loin de faire l’unanimité auprès des familles des jeunes filles qui exigent qu’elles soient libérées sans conditions.

Avant la mise au claire du Président Goodluck Jonathan révélée par le ministre britannique en charge des questions africaines, Mark Simmonds, qui s’est entretenu avec lui à Abuja, les intentions des autorités nigérianes étaient pourtant confuses. Deux ministres ayant tenu des propos contradictoires cette semaine. Toujours selon le ministre britannique, le président nigérian souhaite cependant engager des discussions plus larges avec les islamistes pour mettre fin à l’insurrection qui a fait des milliers de morts depuis 2009.
C’est dans ce but, et pour tenter de reprendre le contrôle du nord-est du pays, qu’Abuja avait décrété il y a un an l’état d’urgence dans les trois Etats d’Adamawa, Borno et Yobe.

De son côté, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau avait proposé un échange des prisonniers de son groupe contre les jeunes filles dans une vidéo diffusée lundi qui les montre. Ayuba Chibok, l’oncle d’une des captives, a expliqué mercredi que les proches des lycéennes étaient « dévastés et rongés par l’angoisse, même si la vidéo leur a donné un peu d’espoir». Il s’est cependant déclaré opposé à la libération de prisonniers de Boko Haram en échange des jeunes filles, estimant que la libération des adolescentes devait se faire « sans conditions ».

« Goodluck Jonathan est dépassé par les évènements »

En attendant, la tension est toujours vive dans le pays, où les parlementaires débattent de la prolongation de l’état d’urgence en vigueur depuis un an dans le Nord-Est. Initialement en vigueur pour six mois, il a déjà été reconduit une fois. Goodluck Jonathan a demandé au Parlement une nouvelle prolongation de six mois. Avant de se prononcer, les sénateurs interrogeaient jeudi des responsables militaires sur le bilan de l’état d’urgence au cours d’une séance à huis-clos. Si elle est validée par le Sénat, la prolongation de l’état d’urgence devra ensuite être soumise au vote des députés, qui doivent l’approuver aux deux tiers pour qu’elle soit adoptée. L’opposition estime, pour sa part, que l’état d’urgence n’a pas permis de réduire les violences de Boko Haram, tout en privant la population de liberté.

Les critiques se multiplient contre le Président nigérian. A l’instar de l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo qui a indiqué sur la BBC que Goodluck Jonathan « est dépassé par les événements, voilà la situation ». Démuni face à la situation, le dirigeant nigérian devrait néanmoins bénéficier de la mobilisation internationale, qui continue de monter en puissance.