Nigeria : Buhari fait part de ses doutes quant à l’adoption de l’ECO

Le Président nigérian, Muhammadu Buhari

Muhammadu Buhari, le Président nigérian, a lancé une mise en garde à l’endroit des pays appartenant à l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Pour lui, l’adoption hâtive de l’ECO comme monnaie unique des pays de la sous-région pourrait bien entraîner une déchirure du bloc ouest africain.

Mardi dernier, la présidence nigériane a rendu public un communiqué de presse portant sur le processus d’adoption de l’ECO. Pour Buhari, il convient de procéder avec la plus grande prudence sur cette voie au risque de mettre en danger l’union monétaire que visent les pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Même s’il reconnait que tous doivent œuvrer de concert pour adopter l’ECO, Muhammadu Buhari a fait part de certaines réserves : « nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées ».

ECO : un risque pour la CEDEAO ?

Face au sujet de la future monnaie unique qu’est l’ECO, Muhammadu Buhari désapprouve l’enthousiasme dont font preuve les pays francophones de la CEDEAO. Pour lui « il est préoccupant de constater que des personnes avec lesquelles nous souhaitons adhérer à un syndicat prennent des mesures importantes sans nous faire confiance pour la discussion ». Le dirigeant nigérian estime que cette nouvelle direction que s’apprête à prendre la CEDEAO doit s’inscrire dans une dynamique d’unification plutôt que de fragiliser la communauté dès son adoption.

Le Président nigérian invite donc ses pairs à revoir tous les détails nécessaires, afin de donner de meilleures chances à l’ECO. Muhammadu Buhari souhaite que cette nouvelle monnaie ne soit pas qu’un simple changement de nom de l’ancienne, mais une nouvelle opportunité pour tous d’aller de l’avant. Les réserves du chef d’Etat nigérian ne sont pas les seules relatives à l’adoption de l’ECO. En 2019, l’économiste ivoirien Mamadou Koulibaly faisait part de son scepticisme sur Twitter : « Il y a de quoi être confus ». Difficile de lui donner tort dans le contexte actuel.