Niger : à la recherche des auteurs du bombardement de la ville d’Abadam

L’avion non-identifié qui a bombardé un village au sud du Niger mercredi dernier, tuant 37 personnes, pourrait être nigérian.

Le gouvernement nigérien a ouvert une enquête sur le bombardement d’un avion non identifié qui a fait 37 morts dans le village d’Abadam, au sud du Niger. « Une enquête est ouverte pour identifier le ou les aéronefs auteurs de cette tragédie », a indiqué le porte-parole du gouvernement et ministre de la Justice, Marou Amadou, selon Koaci.com.

Un avion nigérian ?

Le vice-maire d’Abadam, Ali Youram, a précisé que deux avions avaient survolé le village. Le premier a lâché une bombe sur une mosquée tandis que le deuxième une autre à 200 mètres du village. Certains témoins ont aperçu des drapeaux au couleurs du Nigeria sur les appareils. Le porte-parole de l’armée de l’air nigériane, Dele Alonge, a répliqué qu’aucun appareil nigérian n’était impliqué dans ce bombardement. Les troupes tchadiennes et nigériennes qui se battent dans la région contre Boko Haram ont exclu toute implication.

Le Niger est à son tour une cible du groupe terroriste nigérian, qui a notamment mené plusieurs attaques dans la ville de Diffa, près de la frontière avec le Nigeria. Au moins 3000 soldats nigériens sont mobilisés pour mettre un terme à l’expandion du groupe armé dans le pays. Ils se battent au côté des troupes tchadiennes. Depuis 2009, Boko Haram a fait au moins 13 000 morts et poussé plusieurs milliers de personnes à se déplacer. Au départ l’organisation ne s’attaquait qu’aux symboles étatiques. Puis son visage s’est assombri. A partir de 2009 le groupe armé se radicalise sous la direction d’Abubakar Shekau, réputé pour sa férocité. Ses disciples commettent alors sans vergogne des massacres dans plusieurs villes et villages du nord du Nigeria, semant la terreur au quotidien. Des actes atroces commis sous le regard impuissant des autorités nigérianes.

Des organisations de défense des droits de l’Homme ont évoqué la possibilité de porter plainte contre Boko Haram pour crime contre l’humanité. A environ six semaines de la présidentielle, les combattants du groupe armé continuent de faire la loi dans le nord du pays bien que récemment l’armée nigériane a assuré que les rangs de Boko Haram ont subi de lourdes pertes.