Najett Zoghlami : Il n’y a pas assez de pression !

Najett Zoghlami, soeur du correspondant de La Croix, Taoufik Ben Brik entame à son tour une grève de la faim. Elle est suivie par cinq autres frères et soeurs.
Désormais, c’est Ben Brik contre Ben Ali. Interview exclusive.

Afrik : Vous et cinq membres de votre famille ont décidé hier d’entamer à votre tour une grève de la faim pour soutenir votre frère Taoufik Ben Brik qui jeune depuis le 3 avril. Qu’attendez-vous de cette nouvelle initiative ?

Najett Zoghlami : Notre mère est allée rendre visite à Taoufik, hier. Une fois sortie, elle a demandé à ses enfants de se recueillir sur la tombe de notre père et de commencer une grève de la faim. Nous exigeons que Taoufik retrouve l’intégralité de ses droits, que la maison d’édition Aloès réouvre ses portes, la libération de notre frère Djelal et la prise en charge médicale des amis et militants des droits de l’Homme qui ont été massacrés par la police parce qu’ils soutenaient mon frère.

Afrik : Quelle sera votre réaction au cas où Djelal Ben Brik serait condamné demain ?

Najett Zoghlami : Nous serions d’autant plus déterminés à continuer.

Afrik : Quelle a été la réaction des officiels français que vous avez rencontrés, et notamment à l’Elysée ?

Najett Zoghlami : A l’Elysée je n’ai rencontré que l’adjoint du porte-parole de la présidence. Honnêtement, je me fiche un peu des réactions qui ne soient pas assorties de faits. Je ne peux plus me contenter de déclarations d’intention. J’ai un frère en prison, un autre en train de mourir. Si les choses ne bougent pas c’est qu’il n’y a pas assez de pression. Mais je garde bon espoir.

Afrik : Les autorités tunisiennes semblent avoir pourtant assoupli leur étreinte et restitué le passeport de Taoufik.

Najett Zoghlami : Ce n’est pas vrai. Ils viennent à nouveau de couper sa ligne. Ils humilient ses invités. Quant à son passeport, qu’est ce que ça peut bien foutre qu’il le récupère dès lors que le juge lui interdit de quitter le pays ?